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Le secret de Marcelle et Marcel Marcel (7)

 

Episode 7

 

marcel-7.jpg

 

 

 

 

Résumé : Si vous avez loupé l’épisode précédent, il faut y aller dare-dare. On a appris plein de choses intéressantes : on a écrit onze fois Marcel et trois fois Marcelle. C’est dire si ça commence pour de vrai. 

 

Les vins blancs de Marcel avaient des arômes d’acacia et des fraîcheurs de menthe ; ses rouges avaient le goût salin des encres faites pour les romans de Balzac. Ces cuvées, émouvantes à faire pleurer les âmes humaines sensibles, n’avaient jamais atteint de tarifs exorbitants, de ceux auxquels elles auraient pu prétendre, sans honte.

On croisait dans sa cave toute une humanité bigarrée, des blancs, des noirs, des jaunes, du bleu de travail et de la cravate de banquier. Tous fraternels et un peu cabossés, n’ayant que peu d’estime pour leur patron. Des étrangers lointains venaient aussi. Un japonais par exemple qu’on vit de plus en plus hilare au fur et à mesure des dégustations. Il n’arrivait pas à dire « cabernet » et s’obstinait à dire « coubarnaïe » ce qui nous fit tous bien marrer. Et plus on rigolait, plus on buvait. On croisa aussi un Papou. Il était venu pour la foire expo de Thouars consacrée,  cette année là, à la Nouvelle Guinée. Il dansait en plumes, mais il était venu chez Marcel en costard ! Il avait un os en guise de boucle d'oreille, ce qui plu beaucoup à Kevin le fils du voisin, un punk rural.

Dans cette cave on trinquait avec des Irlandais, d’anciens républicains espagnols bien sûr, des Hongrois aux noms imprononçables, des Allemands aux yeux tristes et brûlants... bref des gens de toute nature. Un Israëlien venait là au moins une fois par an, il est même arrivé qu’il s’enivra sans manière avec un réfugié Palestinien (un musulman soufi, car les soufis peuvent boire de l’alcool sans attendre le paradis). Ce juif s’appelait Ithzak mais Marcel s’obstinait à l’appeler Francis. Une tocade, Marcel était un original.

C’était une belle planète que la cave de Marcel. Balthazar était un fidèle du chai, Karantec aussi, et aussi Sobiesława une polonaise fluette à grande gueule qui connaissait les 2.341 manières d’accommoder les betteraves. Elle prenait le chou de l’Israëlien quand il venait et n’avait alors plus que trois mots à la bouche : « bande de Gaza »; «  bande de Gaza » et, bien sûr, un verre rempli sans cesse. C’était une anarchiste mal dégrossie, gavée d’idées reçues, et attachante comme une pétroleuse.

Karantec Plouendec était un ami de la famille. Et un client assidu. Karantec était dentiste. Trois soirs par semaine il passait prendre Balthazar à la rédaction, et tous deux allaient jouer au tric-trac au café des Arts (voir les feuilletons précédents). Karantec n’aura aucune part dans  cette histoire, mais que voulez-vous, il est toujours là où il y a une bonne bouteille... Et Balthazar n’est pas loin derrière.

A SUIVRE...

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