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Episode 6
Résumé : En gros on a parlé de la vigne, en bien. Sinon ça va chez vous ?
Marcel Marcel, c’était son prénom et aussi son nom. Son papa, Isidore Marcel avait un coup dans le nez lorsqu’il poussa la porte de la mairie pour déclarer son premier né.
_ C’est un garçon?
Lui demanda Geneviève, la secrétaire de mairie.
_ Oui, un p’tit Marcel !
Répondit-il pour dire un p’tit héritier, comme on aurait dit un p’tit Rothschild.
Et Geneviève, qui n’en demandait pas plus, car elle était la discrétion incarnée, qualité essentielle à toute secrétaire de mairie, inscrivit « Marcel » en face de la case prénom. Ainsi avait été enregistré pour l’état civil Marcel Marcel. Ce qui n’embarrassa personne dans le village car il fut surnommé dès son baptême « P’tit Breton », le nom d’un cépage que son papa buvait sans aucune lassitude. Et même avec plaisir.
Marcel hérita de son père quand il posa son sac, il fit du vin comme les siens.
Au bal des pompiers il fit danser Marcelle.
Elle était brune et avait les yeux sombres comme deux grains de cabernet sauvignon. De surcroît le papa de Marcelle avait aussi quelques terres chaudes et circonvoisines. Ce fut un beau mariage. Marcel Marcel épousa Marcelle. Enfin... pour l’état civil, parce qu’en réalité pour le village « P’tit Breton » mariait « Cabernette». Et le temps passa, les vendanges et les millésimes avec.
Marcel chérissait sa vigne, mais sans la gâter. Ses parcelles étaient gracieusement exposées au soleil, sur une sorte de pente abritée des vents du nord. Là, de mémoire d’homme, le gel n’avait jamais posé ses crocs. Le sol était de cailloux ronds. L’été, le soleil cognait dur là-dessus et la pierre rendait la chaleur la nuit. En profondeur, la terre offrait au vin une minéralité puissante. Marcel aimait ces graves profondes. Il faisait, sans le savoir, ce que plus tard, les passionnés appelèrent de la « biodynamie ».
Ces terres-là étaient les meilleures de toutes, très loin à la ronde. Marcel le savait. Et il n’était pas le seul. C’est bien ce qui fit son malheur.
A SUIVRE...