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24 juillet 2014 4 24 /07 /juillet /2014 04:08

https://www.youtube.com/watch?v=w0Wam9BEgOQ

La lumière entre là-dedans à coups de sabre et infuse sous la futaie des poignées de micassures jetées au hasard. C'est beau et paisible. Les fûts sont de "vivants piliers" dans ce temple spongieux. C'est une évidence beaudelairienne. Et l'on y entend " de confuses paroles", de petites confidences chuchotées dans les ramures lointaines, là-haut. Rien de menaçant, au contraire, une bienveillante complicité. Et l'on se sent homme ensauvagé, et l'on vient poser son front sur l'écorce en signe d'immémoriale amitié.

Même les bûcherons savent cela.

"Correspondances" en forêt de Bellême
"Correspondances" en forêt de Bellême
Correspondances



La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.



Charles Baudelaire

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 04:02

Pont-Audemer & Fécamp

Ce pays est expert en pluies, du crachin léger à la trombe extrême, il connaît toutes les variantes du mouillé.

Le paysage panneauté est rapiécé de parcelles de feutre gras cousues à des courtils obombrés et à d'immenses et rectilignes clos (comme des boulingrins géants) taillés de frais, impeccables, où des chevaux flânent sous les pommiers. Une telle méticulosité est cocasse. Les haies sont plantées sur des talus et versent des nappes trempées sur une herbe qui exhale un puissant fumet de bovins. J'aime cet effluve d'étable doux et maternel. Les arbres sont des chênes médiévaux , des hêtres pachydermiques, des aulnes timides, des charmes aussi avec leurs muscles d'athlètes tendus par l'effort.

L'homme est ici blond et soucieux. Pas détestable, mais pas aimable non plus. Il a vécu tant d'invasions qu'il se méfie par nature. D'ailleurs il y a partout ici des crucifix, comme si cette terre avait été fraîchement christianisée, ou qu'elle sacrifiait encore à de constants pèlerinages certes catholiques, mais qui, secrètement, ne tournent pas le dos tout à fait aux anciens dieux qui vivent toujours dans les sous-bois, ou sous les écorces. Les dieux normands.

Le Normand répond aux questions brièvement. Le luxe n'est pas son affaire. Son habitat lui ressemble, soit il ressemble à des maisons de poupée qu'on oubliera un jour dans un grenier quand l'âge aura passé de jouer, soit il est fait d'austères briques. On dirait alors une fabrique chaînée de gros boulons rouillés. Peut-on vivre heureux là-dedans ?

Au bord de la mer le gros silex vient remplacer un peu la brique. Mais l'effet de froideur est pire. Ce caillou vitrifié et dur semble prêt à mordre ou entailler l'étranger. Les murs ont été ici inventés avant les pyramides.

Il y a de l'industrieux ici. Du laborieux. Sans doute de l'avare aussi. La rapinerie des gras! Il faut voir les pommes minuscules qui ont été ici patiemment choyées. Elles vont par escouades : la Fréquin Rouge, la Locard Vert, la Damelot, la Kermerien, la Bourdas, la Doux Moen, la Tête de Brebis, la Peau de Vache,la

Sang de Bœuf, etc. Partout ailleurs ces fruits sans « qualité commerciale » auraient été passés au laminoir de la normalisation. Pas ici ! Et c'est ce qui rend ce pays touchant. Ces petites pommes font du cidre de haute lignée sous l'étiquette d'Eric Bordelet par exemple. Ou bien alors un de ces calvas voyageurs qui hésitent entre pérégrinations et périples. Car ici on hésite entre terres ou des mers.

Ce pays est celui de la pluie. Une visière avance au-dessus des portes d'entrée, car le temps de chercher ses clefs on serait trempé. Ce pays est celui de la pluie. Des façades entières sont couvertes d'ardoises comme des toitures ! Ce pays est celui de la pluie. On est surpris par le nombre de voitures d'artisans que l'on voit passer avec ces mots : « REPARATION – ETANCHEITE » !

Au Muma (musée André Malraux) du Havre, une machine vous propose d'emballer votre parapluie !

C'est ici que sont exposées les peintures de Nicolas de Staël, celui qui a traqué le « bleu cassé » ( la lumière du sud ainsi que l'appelait René Char ») , mais aussi le bleu raccommodé ( la lumière d'ici). Nicolas de Staël s'est suicidé, lui qui peignait des bateaux énormes et vains, ceux qui vont se perdre sur leur cap. Ceux qui voyagent loin et échouent dans une casse à rouille. Qui fument et puent, et embaument le calfat, la peinture grasse. Il faut aimer les bateaux pour les peindre ainsi, il faut plus encore que les aimer : il faut les comprendre intimement.

L'eau a été inventée ici

L'eau a été inventée ici

Comme des boulingrins géants taillés de frais, impeccables

Comme des boulingrins géants taillés de frais, impeccables

 Les murs ont été ici inventés avant les pyramides.

Les murs ont été ici inventés avant les pyramides.

Qui fument et puent, et embaument le calfat.

Qui fument et puent, et embaument le calfat.

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 04:03

C'est une odeur tenace de fromage qui plane autour de nous depuis que nous sommes arrivés aux marches de la Normandie. Un effluve de lait. Il ne vient pas du dehors, mais de nous mêmes. Comme si soudain nous étions non seulement dans ce pays, mais de ce pays. Etrange ! Inexplicable ! Mais réel ! Un peu écœurant même.

D'abord nous avons filé droit en pensant bien sûr à Julien Gracq qui évoque dans "Les carnet du grand chemin" :" les gaies montagnes russes, toujours humides sous le tunnel des branches entrecroisées, de la route pourtant sans pittoresque qui joint Bressuire à Champdeniers. "

C'est vrai que ce bosselé rectiligne incite à une joie juvénile. Rares sont les routes ainsi tracées avec un tel dédain des courbes. Ce jet est si évident, si net, qu'on n'arrive pas à prendre au sérieux ce chemin qui ouvre les vacances. Il est comme ces enfants qui font semblant de bouder, font les gros yeux et amorcent un sourire par en-dessous. Je connais une autre route semblable, elle relie Agen à Lectoure. Et, pareillement, elle trace sa voie à travers de molles collines, avec une obstination absurde et badine. La lumière file dans cette cocasse coulée et ricoche comme un caillou sur l'eau. Distrayant. Rien ici ne tire à conséquence, pas plus les vaches qui pourlèchent leur veaux goulûment, que les têtards de frênes avec leur plumeau ( leur tire-sève) bien droit dans le ciel, sérieux comme à la parade.

Tout cela est drôle avant-tout.

Un bar à Secondigny, la terrasse au pied du feu tricolore. Que boire de sérieux ici ?

Un bar à Secondigny, la terrasse au pied du feu tricolore. Que boire de sérieux ici ?

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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 04:04

Alors voilà Castelbouc. La légende stupide dit qu'ici le seigneur resté seul homme dans cette contrée, pendant la croisade, eut à satisfaire les femmes restées seules. Lire cela est navrant, et j'ai honte de relayer cette fadaise. Bon, n'en parlons plus.

C'est un village enfoncé sous la roche, comme si la pierre avait avancé sur les maisons sans taille ni raison. Le minéral a poussé là comme une écorce quand elle recouvre un objet étranger au bois.

Le monument aux morts possède neuf morts, tous en photo. On ne sait rien du septième qui est mort ici une deuxième fois dans une explosion de rouille. Et c'est lui qu'on voit d'abord. Qui étais-tu ? Toi avec ce béret énorme sur la tête ? Il est infernal de se poser la question sans cesse.

Ici la boite aux lettres sous la falaise est comme le monument aux morts, elle résiste comme elle peut à la rouille. Est-il possible d'y laisser une carte postale ? "Souvenir d'ici, pensons bien à vous".

Oh! quelle tristesse dans le pittoresque.

Cévennes (5)
Cévennes (5)
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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 04:02

Pont-de-Mauvert (Cévennes) 6 juin 2014

Pont-de-Mauvert est un endroit qui est dans ma vie depuis fort longtemps. C'est là que, les corps déliés nous allions, dans une folle liberté, insensibles aux autres, grimpant partout et sans cesse, dévorant le beurre pur et le miel fort, nus dans l'eau des cailloux, sans fatigue. Seuls, enfin. C'est là qu'un soir d'orage nous avons dansé sous la foudre, nus encore. Avides de vie, comme des sauvages. Comme des hommes des caverne déliés de tous les dieux.

En dessous, nous arpentions une vieille route pavée sous les châtaigniers, et quand j'ai lu le récit inachevé de Gracq j'ai retrouvé le chemin. Elle menait à une vieille mine à l'abandon. Nous étions de furieux carnassiers.

______________

"Pourquoi tu t'es pas garé devant ?" c'est bizarre cette manière de gueuler pour parler. Les gens du sud vocifèrent volontiers sans porter à conséquence. Je comprends vite la colère de ce boiteux : il a une bouteille de gaz à descendre de l'auto et à porter ensuite jusqu'à sa porte obscure. Car ici les maisons sont noires dedans et dehors. Alors il vitupère, et sermonne sa femme.

Ces gens, quand il ouvrent leurs volets, ont devant eux la pente rude et brossée de la montagne, des cailloux acérés et des rapaces par - dessus. Rien de plus à voir. C'est beau. C'est beau depuis mille ans.

______________

Un peu plus loin un lieu très haut placé dans le vent. Le vent doit souffler des quatre coins cardinaux à tour de rôle et peut-être même parfois des quatre coins en même temps. Ici il n'y a pas d'arbre. Ici, seulement un arbuste . Il est extraordinaire bien qu'on passe devant sans s'extasier. Pourtant c'est un champion. Il parvient à glisser une racine dans une maigre fente de la pierre. Il s'y installe comme il peut. Et grandit comme il peut sous les rafales. Il n'est jamais jeune, il est toujours vieux, tordu, avare de tout et surtout de ses fleurs qui ne sentent rien et n'ont rien à donner qu'une vague couleur blanchâtre. Viennent ensuite de tout petits fruits sans chair. Ici la vie est sans luxe ! La mousse n'est pas de la mousse, elle est rêche et pourrait écorcher la main comme une brosse de métal. Les plantes grasses sont rouges de honte et ne se montrent guère. On s'interroge : à quoi pensent-elles sous les mois de neige ? Certainement à la côte d'Azur où prospèrent leurs cousines ?
La saxifrage est la plus obstinée, elle s'installe ( si l'on peut dire ) dans un creux de la taille de la main, et ne se nourrit que de vent. Elle économise sur tout, sur l'eau et sur sa respiration. Quand elle perd une feuille minuscule tout de suite elle en fait un demi-gramme d'humus qui s'envole vite et que vole sans vergogne la plante grasse.

Cela s'appelle le chaos de Nîmes, la pluie a taillé là-dedans avec une force de titan. La montagne a été hachée mais à la façon des géants ivres, sans plans et sans but.Tout autour ce sont des masses de remparts, un labyrinthe fortifié, des redans, des échauguettes, des courtines, des donjons efflanqués, des tours bancales, des créneaux effondrés, et soudain une sente de pelouse miraculeuse et brève. La solitude est totale, absolue, plus nette qu'en mer. On se dit que vivre ici est impossible, d'ailleurs personne n'y vit : il n'y a pas d'arbre pour s'y embrancher.
Tout autour ce sont des masses de remparts, un labyrinthe fortifié, des redans, des échauguettes, des courtines

 saxifrage est la plus obstinée.

saxifrage est la plus obstinée.

Des donjons efflanqués.

Des donjons efflanqués.

Tout autour ce sont des masses de remparts, un labyrinthe fortifié.

Tout autour ce sont des masses de remparts, un labyrinthe fortifié.

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 04:03

Après avoir traversé la châtaigneraie rescapée des combats contre l'orage, le chemin de crête est comme une zone franche. La foudre a frappé un arbre sur deux, et plus encore. Le sentier est jonché de branches calcinées. Les bombardements célestes ont été ici considérables ! Les arbres éventrés sauvent quand même quelques feuilles. Ces gueules cassées ont de ces tendresses de fillette !

Avant cela, la gare abandonnée de Florac est comme une valise oubliée. L'image est un peu facile j'en conviens, mais elle est idéale. On regrette le maelstrom des voyageurs dans la vapeur des locos au ralenti. Les paniers de victuailles à cochonnaille, les fermières à grande gueule et les jeunes filles effarées qui s'en vont choisir une coiffe neuve au marché. Et les maquignons arrogants. Et quelque bourgeois à moustache lissée qui achètent à bon compte des coupes de bois si pentues que seuls des fols et des mules peuvent débarder.

Les fenêtres de la gare sont occultées désormais avec du contreplaqué malade, la salle des pas perdus est enfermée, le lampadaire est tordu par le vent. C'est d'une mélancolie cruelle et, pire, vaine..

Tout en haut d'une pente qui dure deux heures , cinq ou six maisons de lourdes pierres : Bougès. Une source où l'on peut boire. Le panneau avise : "eau non contrôlée" ce qui veut dire pure. Elle tombe directement du dessus sans avoir vu le ciel. Et une auberge perchée. On mange sur ce balcon en montagne une omelette aux ceps ( cueillis ici), le pélardon( fromage) du fermier voisin , de la confiture de framboise maison et un vin souple du domaine de Gabalie (Lauzère) au parfum de pivoine. Les aubergistes sont comme une tante et un oncle revenus des pays du Levant, chaleureux et discrets. C'est délicieux. L'air est plein de l'odeur des genets.

On voit le Causse devant au loin, le Causse où il n'y a rien, même le vent ne s'y arrête pas.

Un lézard amoureux zigzague sur la lauze... et choit.

La haut, une zone franche.

La haut, une zone franche.

A la gare de Florac. Une eau venue des hauts sans voir le ciel.
A la gare de Florac. Une eau venue des hauts sans voir le ciel.

A la gare de Florac. Une eau venue des hauts sans voir le ciel.

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 04:03

​​https://www.youtube.com/watch?v=eO7ka1og6b0

Il n'y a ici rien à peindre et tout à écrire... Peut-être.

D'abord parce que le chevalet du peintre ne tiendrait pas une minute, l'Agueil (aussi appelé aiguolas) vent venu du levant aura tout de suite mis à terre la toile et ses couleurs. Ce n'est pas un pays de peinture à l'huile, peut-être de pastel, plus sûrement d'aquarelle. Seul l'aquarelliste accoutumé à la vivacité peut avoir ici une chance. Mais il ne vient pas celui-ci, il préfère la mer...

Le musicien ne s'entend pas, et le sculpteur ne sait pas où donner de la tête. Non, ici c'est la patrie de celui qui écrit, s'il a le courage de s'arracher à la méditation, car ce vide incite à la vacuité.

Le pays est rugueux et crépu. On hésite : qui est le plus dur entre le caillou et le chardon

? C'est un pays de laine qui sent fort le miel chaud, le suint et la solitude. On doit y être bien pour écrire ( mais ce n'est pas sûr, on peut écrire partout). On y est seul mais sans l'ennui, voilà bien le miracle.

Sur le marché de Florac les vieux sont tassés plus qu'ailleurs ils n'offrent pas de prise à ce vent qui souffle furieusement, dit-on, là-haut, sur le Causse. Fripés et noirauds, ils sont gentils, avec l'accent. Ensuite viennent les "Babas" qui ont vieilli là, sur pied, sans trop de heurts, avec le froid quand même et fort peu de lessive, cela se voit bien. Les filles ont la cinquantaine, elles étaient jolies mais elles ont pris désormais un teint qui mange la lumière, le cheveux va comme il veut, leur regard est un peu triste désormais. Elles fument encore, c'est sûr, de cette herbe qui jadis les faisait rire et qui maintenant les plonge dans une sorte de solitude morne. Car elles sont seules sur le marché et vendent deux ou trois navets, un pot de miel, de l'encens capiteux. Elles portent encore ces cotonnades indiennes de Katmandou. Elles restent belles quand même sous leur humble bijoux afghans. Les garçons qui vont dans le sillage sont du même bois, ils payent leur liberté en sacrifiant à la savonnette. La barbe et les dents grises, mais toutes n'y sont plus. Ils sont doux et perdus comme des indiens, ils vendent des fromages minuscules avalés en trois bouchées qui sentent fort l'étable et le rustique. Leurs enfants ont grandi et sont partis (où?).

Je les aime bien. J'ai failli en être, j'en suis quand même.

Le pire ici c'est d'entendre vociférer les joueurs de pétanque autour de la fontaine !

Cévennes (2)
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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 04:01

https://www.youtube.com/watch?v=PJqD2hzyuho

Causse Méjean : l'air sent le miel chaud et le suint. Ici rien n'est facile mais tout est simple, c'est-à-dire, simplifié, sans plis. Restent le vent, le caillou et des chardons ardus. Les chemins vaquent à leurs affaires depuis mille ans sans s'occuper de ceux qui désormais les arpentent en casquette de Gortex, chaussures Quechua et bâtons de carbone. D'ailleurs voici deux siècles ils ne s'occupaient pas plus des colporteurs chargés de rubans bleus, faveurs rouges et almanach. Ils allaient fredonnant l'esprit plein de nouvelles à dire et de jeunes filles à lutiner en échange d'un dé à coudre en argent. Les chemins ne s'intéressent qu'aux moutons qui leur murmurent des confidences incompréhensibles.

Dans les Cévennes (1)
Dans les Cévennes (1)
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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 04:09

"Après Bonnot la dynamite ne tenta plus les jeunes qui voulaient absolument changer la société, mais à condition d'avoir une chance de succès.

"La bande à Bonnot était-elle anar ? Oui et non. La cause a parfois bon dos. Toujours est-il que la mort de Bonnot acheva l’épopée sanglante.

"En France l'anarchie reste vivante, mais confidentielle, la fédération est active mais tourne un peu en rond et ne parle qu'aux convaincus. Les communistes et les trotskistes ont été plus habiles à mener leurs combats. Mais nous autres anarchistes ne les envions pas. Nous ne participons pas aux élections, nous ne voulons pas le pouvoir qui nous dégoûte. Dès lors nous sommes voués aux coulisses. Nous acceptons cela de bon cœur. Mais nous faisons toujours terriblement peur à l'Etat.

"Il existe des groupes qui animent des bibliothèques, des cantines populaires, qui mènent mille et une petites actions, sans bruit.

"Mais il est tard et nous avons fini de boire. Rentrez chez vous Balthazar. Un jour peut-être je vous raconterai la grande et effroyable aventure des anarchistes espagnols. Savez-vous que ce sont eux qui entrèrent les premiers dans Paris en août 1944 ? "

http://www.rfi.fr/culture/20110912-nueve-liberation-espagnols-paris-1944/

Ici s'achève cette série.Elle a puisé dans plusieurs livres sur l'histoire de l'anarchie française, et notamment dans " sous les plis du drapeau noir" de Raymond Manevy et Philipe Diole.

Voici ce qui rassemble les anarchistes

Les anarchistes luttent pour une société libre, sans classe ni État, ayant comme buts premiers :
• L’égalité sociale, économique de tous les individus.
• La possession collective ou individuelle des moyens de production et de distribution, excluant toute possibilité pour certains de vivre en exploitant le travail des autres.
• L’égalité dès la naissance des moyens de développement, c’est-à-dire d’éducation et d’instruction dans tous les domaines de la science, de l’industrie et des arts. L’organisation sociale sur les bases de la libre fédération des producteurs et des consommateurs, faite et modifiable selon la volonté de leurs composants.
• La libre union des individus selon leurs convenances et leurs affinités.
• Le droit absolu pour tout individu d’exprimer ses opinions.
• L’abolition du salariat, de toutes les institutions étatiques et formes d’oppression qui permettent et maintiennent l’exploitation de l’Homme par l’Homme, ce qui implique la lutte contre le sexisme et les dominations de genre, contre le patriotisme et le racisme, contre les religions et les mysticismes même s’ils se cachent sous le manteau de la science, et pour la fraternisation de tous les groupes humains et l’abolition des frontières. C’est la société entière que nous voulons reconstruire sur une base de respect et d’entraide, non pour un individu, une classe ou un parti, mais pour tous les individus ; la question sociale ne pouvant être résolue définitivement et réellement qu’à l’échelle mondiale.

http://www.monde-libertaire.fr/

Anarchie ? Ah oui (19)
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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 03:47

" Alexandre Marius Jacob était un as du cambriolage, il disposait d'outils très perfectionnés inconnus jusqu'alors dans la longue histoire des monte-en-l'air; Il fut accusé de plus de cent cinquante cambriolages. Aux assises il répondit au président qui lui demandait de se lever " pourquoi ? Vous restez bien assis vous-même !". Il lut au jury une déclaration sans ambiguïté : " j'ai mis à nu toute mon existence de lutte. Je la soumets comme un problème à vos intelligences. Ne reconnaissant à personne le droit de me juger je n'implore ni pardon, ni indulgence. Je ne sollicite pas ceux que je hais et que je méprise." Il faut le dire cela a de la gueule quand même ! Mais on voit bien que sous l'anarchiste, le gangster est là désormais. Les temps ont changé.

Il reste bien de purs anars comme Rirette Maîtrejean qui dirige le journal "l'anarchiste" avec son compagnon russe Kilbatchiche, lequel se rallia ensuite aux communistes russes sous le nom de Victor Serge.

Chez les anars un curieux cortège de poètes, de provocateurs, de mouchards, de fous, se forma alors.Un riche fils de famille donna toute sa fortune à ses compagnons et au journal. Il dormait dans un coin, acceptait les corvées les plus rudes, distribuait à pied de lourds paquets de tracts pour faire l'économie de l'omnibus. Il hérita de 40.000 F or et donna tout à la cause. Il y eut ceux qui, par hygiène, se promenait en caleçon dans Paris, Ceux qui ne mangeait que de l'herbe. Il y eut Olagne le Cygne qui savait le grec, le latin et tout Rabelais par coeur, il allait toujours pieds nus dans ses sandales, en redingote, et un parapluie à la main.

Les souffrances ne frappent plus seulement les corps (comme en 1880) mais l'âme aussi.

Anarchie (18) ? Ah oui !
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