Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 05:52

 

saletemps-26.jpg

 

Résumé : Hé , Monsieur Climat, c'était quoi ce résumé  hier : "Benito, este numele de câine de doamnă Michacul. Câine frumos" ?

_ Ah ! ça ! C'est un Roumain qui était resté planqué sous une table. En gros ça veut dire que Bénito est le chien de Madame Michacul et qu'il est bien gentil.

_ Reconduisez-moi ce Roumain à la frontière et fissa!

_ OK, Je lui donne quand-même sa pomme hebdomadaire vu qu'il a quand même fait un résumé ?

_ Monsieur Climat, vous êtes trop con. Allez hop ! Retour à l'atelier, vous pouvez jeter votre costard et reprendre votre veste à col bleu.

 

 

 

 

 

Même pas mal à la tête ! Balthazar a un secret pour éviter la gueule de bois. Ah vous voulez le connaître ? D’accord, c’est gratuit, comme tout ce qui est sur ce déblogueur : c’est l’aspirine, mais l’aspirine pris avant la gueule de bois, pas après. Là est le secret ! C’est un principe confirmé par la Faculté. C’est scientifique. Imparable.

Alors voilà : l’alcool épaissit le sang.  Si, si, soyez bien attentif : quand vous êtes bourré, vous  vous sentez plus épais. D’ailleurs vous n’avez pas froid, et vos blagues sont grasses. L’aspirine fluidifie le sang, un peu comme l’eau ferrugineuse. Epais d’un côté, fluide de l’autre : l’équilibre est rétabli, et vous vous levez comme une fleur. Certes une fleur qui pue, mais une fleur quand même.

En  s’étirant dans son lit comme une rose développe ses pétales aux premiers rayons du matin, Balthazar se sentit d’humeur badine. Il aurait bien aimé se ‘’chicorer’’ avec Charles-Henry. Sans témoin, entre hommes, comme deux cons. Même s’il avait eu le dessous, il aurait eu un peu de respect pour ce con de droite. Mais l’autre gonzesse avait esquivé lâchement. Il avait perdu une belle occasion de se frotter  à la réalité. Rien de plus réel qu’un coup de poing dans la gueule.

Balthazar en était là de ses réflexions, en surveillant la cafetière,  et en mastiquant un croissant rassis. Le téléphona,  qui n’était jamais fatigué ( ni bourré), sonna.

_  Allo Thouars  terre de civilisation ? C’était ce con de directeur départemental. Vous cherchez à entrer dans le livre des records ou quoi ?

_ Ah ? Le salon des vins est entré dans le Guiness book ?

_ Mais non andouille, encore un crime chez vous ! File coco. Fais-nous –y  vendre. Pendant que j’y suis, dis-moi pourquoi qu’on n’a pas d’photo des clodos crevés, que c’est bon pour la diffusion ce genre de cliché.

_ Hein... J’entends pas... C’est coupé... C’est même pas en français... Ah, je passe sous un tunnel.... Criiiiic !

Balthazar raccrocha, appela « Moustache » son pote pompier qui lui donna l’adresse et fila à l’angle de la rue Ligonnier et de la rue Châtelet.

Pile chez les bourgeois !

 

Diapositive5


A SUIVRE...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 05:32

 

saletemsp-25.jpg

 

Résumé : Benito, este numele de câine de doamnă Michacul. Câine frumos.  On ne peut mieux dire!

 

 

 

 

 

 

 

 

La date de l’élection approchait. Et il neigeait encore. Balthazar qui n’était pas superstitieux, parce que cela porte malheur, commençait à se demander si la météo n’annonçait pas une aire de glaciation. Avec  Charles-Henry Hichlag dans le fauteuil de maire, il n’allait pas faire beau souvent pour les rêveurs. Et les anars seraient voués au goulag.

Dans la chapelle du château les intégristes enchaînaient les messes et priaient dur pour la victoire de ce bon chrétien qu’était Charles-Henry Hichlag. Lequel, très habilement, passait de la messe « Vatican II » à la messe en latin : un coup il voyait le curé de face, un coup de dos. Et cela dans la même matinée du dimanche. Comme les ouailles des uns ne fréquentaient pas les ouailles des autres, et qu’ils se vouaient mutuellement à l’enfer, il était peinard. Personne ne connaissait ce jésuitisme de haut niveau, sauf Balthazar qui était tombé sur lui, coup sur coup, à la sortie des deux offices religieux.

 

a.JPG

Balthazar irait bien à la messe à la condition de pouvoir discuter l'évangile avec le curé après l'homélie. Mais il paraît que c'est impossible... alors!


Quoi ? Vous pensez que Balthazar allait aussi à la messe ??? Nooooon ! La première fois il sortait du bistro qui se trouve en face de l’église Saint-Médard ( Vatican II), puis il sortit du « Pied de Biche » ( un bistro privé) en face de la chapelle du château. Il n’avait pas bu du vin de messe, mais il avait bu du vin quand même.

Charles-Henry Hichlag s’était approché  de lui, un peu emmerdé quand même.

_ Ah ! Monsieur Forcalquier ! J’espère que vous saurez rester discret. Mes convictions religieuses ne regardent que moi.

_ Rassurez-vous.  Je vais m’autocensurer. Même si vous étiez zoophile je n’en parlerais pas. Etes-vous zoophile ?

_ Vous sentez le vin.

_ C’est une meilleure odeur que la pourriture.

_ Vous me le paierez un jour !

_ Viens si t’es un homme !

_ Je ne me battrais pas avec vous à quelques semaines des élections. Le piège est grossier.

_ Couille-molle !Bleu bitte ! Pékin ! Balthazar qui dans, sa jeunesse, avait été parachutiste chez les coloniaux ne faisait pas toujours dans la finesse, il faut bien le dire. Mais c’est là-bas qu’il avait appris à boire et, pour cela, il vouait une tendresse incongrue pour les bérets rouges. Surtout ceux qui ont une ancre en plus de l’aile... Je me comprends.

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 05:26

saletemps-24.jpgRésumé : Heu... Un chien est mort.

 

-Chers amis, c'est Monsieur Climat qui vous parle, ce n'est pas la peine de parler de moi dans les résumés. Sinon on est bien là, non ? Il fait chaud, on a une pomme par mois. Et puis tant qu'il y a du texte on a du boulot. C'est important d'avoir du boulot par les temps qui courent. Un boulot perdu, c'est un loyer qui n'est pas payé, et un loyer qui n'est pas payé, c'est une expulsion, et une explusion, c'est la rue... Et vous avez vu ce que deviennent les clodos en ce moment.

 

 

 

 

 

 

Tout près de la dépouille du chien, le flic retira un carton.  On  voyait, tracée dans la poudreuse, une étoile.

 

DSCF0282.JPG


_ Qu’est-ce que cela signifie ? dit Balthazar.

_ Putain j’en sais rien. Un gosse peut-être. Répondit Legrandu

_ Mazette, s’il commence comme ça ce foutu gosse, il finira comme Charles-Henry Hichlag.

_ T’es con ! Pouffa le flic. Et, tous deux, lui et Balthazar, furent pris d’un fou rire énorme et nerveux qui résonna dans les rues piétonnes désertes à cette heure-ci. D’ailleurs elles étaient désertes tout le temps.

 

« Après des hommes, les chiens même ne sont plus en sécurité » C’était le titre du tract distribué le vendredi suivant sur le marché de Thouars. Madame Michacul, qui adorait les toutous gémissait :

_ Vous rendez-vous compte. Pauvre bête. Eventrée ! Les hommes sont vraiment de méchantes gens Balthazar !

_ Oui mais avant il y a quand même eu trois hommes morts.

_ Oui, oui... peut-être. Mais quoi de plus innocent qu’un chien ?  Ah ! il a bien raison de s’insurger monsieur  Hichlag. Il aura ma voix.

Le communiqué du candidat à la mairie s’achevait par une petite ligne perfide : «  vous ne lirez pas ce texte dans le ‘’Courrier de la République’’. Ce journal a choisi la censure et refuse de publier nos prises de position. La démocratie est malmenée. »

_ C’est-y donc vrai que vous censurez monsieur Hichalg, monsieur Balthazar ?

_ Si on laisse libre cours à la connerie, vous trouverez bien vite qu’il est trop cher votre abonnement.

_ Déjà qu’il n’est pas donné. Et qu’il n’y a jamais rien à lire. A part les obsèques.

_ Ben vous voyez que j’ai raison.

_ Ben oui, peut-être.

_ Bonjour à votre petit mignon petit chiwawa.

_ Il s’appelle Benito. Je lui dirai, cela lui fera plaisir. C’est un gros coquin à sa mémère.

_ Qu’est-ce qu’elle te voulait cette vieille folle ?  demanda Karantec qui attendait Balthazar au bar du Dauphin depuis un moment.

_ Elle veut voter Hichlag.

_ Folle et conne, elle cumule.

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 05:49

 

 

saletemps 23

 

Résumé : Dites les gars j'étais parti en week-end et qu'est-ce que je découvre : vous avez parlé de Monsieur Climat dans les résumés. Cela ne regarde pas le lecteur. Je vous l'ai déjà dit. Et d'ailleurs vos résumés ne sont pas terribles. Difficile de faire moins. C'est vraiment le munimum syndical.

- Exactement on fait le minimum syndical.

- Ah ? C'est comme ça ! Monsieur Climat ! Monsieur Climat... Mais où est-il celui-là ? 

 

 

 

 

Il y a, entre la chapelle Jeanne d’Arc  et la rue Porte de Paris, une petite venelle.( Je le dis parce que tout le monde ne connaît pas Thouars). C’est bizarre mais c’est ainsi.

Lorsque Balthazar arriva là, les flics étaient déjà à l’œuvre. Et derrière Balthazar poussait la foule du meeting. Si les enquêteurs cherchaient des empreintes, ils allaient en trouver quelques centaines. Mais pas celles de Josiane Birdat qui était restée à l’orangerie en attendant la brioche promise.

 

Diapositive4.jpg


Charles-Henry Hichlag avait pris la tête de la troupe, il interpella Legrandu penché sur le cadavre dans la neige.

_ Alors monsieur l’inspecteur ? Vous y voyez clair enfin ?

Legrandu se releva et, très sérieusement et mima la surprise.

_ Vous vous intéressez aux chiens écrasés monsieur le conseiller municipal ?

_ Que voulez-vous dire ?

_ On nous alerté parce qu’un corps gisait là, mais regardez, le manteau de neige retiré, ce n’est qu’un chien ! Un chien éventré certes, mais un chien...  A moins que vous ne confondiez chien et clochard monsieur le conseiller municipal.

 

nine.jpg


 Avec une moue de dégoût, Charles-Henry Hichlag tourna les talons suivi de la foule qui fila bien vite à l’orangerie

_ Un bon vin chaud nous y attend ! Clama Charles-Henry Hichlag chaleureusement applaudi.

Balthazar curieusement n’avait pas envie de vin chaud. Enfin, pas de ce vin chaud.

_ Pourquoi tuer un chien ? demanda-t-il à Legrandu.

_ Si je le savais... Mais regarde ce qu’on a trouvé avant que cette bande de cons ne déboule. Je l’ai planqué pour qu’il ne soit pas piétiné.

 

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
16 mars 2012 5 16 /03 /mars /2012 05:31

 

saletemps 22

 

Résumé : Charles-Henry Hichlag a dessiné un pin's. Il fait un tabac dans ses meetings. Sinon, ici chez les résuméistes, Monsieur Climat, l'ancien délégué syndical promu cadre a échangé sa veste bleue d'ouvrier du livre pour un costume trois pièces, et sa gamelle pour un attaché-case.

 

 

 

 

_ Mes amis, mes bons amis, vous qui aimez votre ville, le temps est venu ! Le temps est venu mes amis !

A la tribune Charles-Henry Hichlag  galvanisait ses troupes. Trois pauvres hères qui n’avaient jamais fait de mal à personne... Si ce n’est à quelques milliers de bouteilles... (Rires dans l’assistance) Ont été massacrés. Pourquoi ?

Ne posez pas la question au maire sortant, notre pauvre Maurice Gros. Il vous répondra : heu.... (Rires dans l’assistance). Oui, Heu, mais encore ? Il vous répondra : Ben.... (Rires encore).  Alors je dis : il suffit ! Non je ne le dis pas ! Je le hurle : IL SUFFIT. Et vous qu’en dites vous ? Et la foule hurla : « IL SUFFIT ! »Oui, il suffit. Assez  d’insécurité ! Assez de ce théâtre qui nous coûte les yeux de la tête pour quelques pièces modernes incompréhensibles où, des acteurs nus baragouinent des borborygmes ! Assez de ces expositions d’art contemporain qui réunissent deux parpaings peints en rose et deux bouts de ficelles. La foule gueula « Assez ! ». Assez de ces subventions aux jeunes qui ont besoin de travail, pas d’atelier de modelage ! Assez de ces commerçants dépouillés par des bandes de tziganes !

Alors, profitant de l’exaltation qui mûrissait comme un furoncle, Charles-Henry Hichlag porta l’estocade et creva l’abcès :

_ Et puis, et puis... Assez de laisser Bressuire nous passer devant parce que notre municipalité n’a aucune imagination, aucune volonté, aucune idée !

 Un mugissement terrible monta de la foule

 

DSCF0294.JPG

                      Notre ville mérite mieux , dixit Hichlag!

Charles-Henry Hichlag prit son temps. Il jouissait. Le silence revint. Alors un type ouvrit une porte, courut jusqu’à la tribune. Les gros bras de la sécurité le laissèrent passer. Il s’avança et chuchota quelque chose dans l’oreille de Charles-Henry Hichlag .

_ Mes amis, mes amis, on m’apprend une affreuse nouvelle. Ce n’est plus trois meurtres qui doivent nous inquiéter, mais quatre ! Maurice Gros, monsieur le maire, je vous le dis ici : ça suffit !

La foule était frappée de stupeur.

A SUIVRE LUNDI

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 05:53

saletems 21

 

 

Résumé : un nouveau venu, un coach en communication. Nom : Louis Legris Leblanc. Une pomme offerte chaque semaine aux résuméistes.

- Hé les gars, cette histoire de pommes n'a rien à faire là.

- On  nous a dit de résumer, on résume.

- Ben oui, mais seulement le feuilleton. Pas nos accords.

- On n'a jamais demandé une pomme hébdomadaire, mais une augmentation mensuelle.

- C'est pas le sujet ici. Où est Monsieur Climat ?

 

 

 

 

La bande de Charles-Henry Hichlag arborait un pin’s. Celui que Karantec avait déjà remarqué. Il représentait trois losanges rouges dans un cercle, réunis par la pointe.  La forme était simple mais il en émanait une curieuse impression de malaise. On aurait dit qu’un loup vous regardait et allait vous sauter à la gorge.

 

Diapositive9


Une réunion publique  fut organisée à l’orangerie. 500 personnes étaient là. Visons et Lodens dans les premiers rangs, puis venaient  des commerçants, puis des artisans, puis des petits-chefs et enfin des prolos. 

 

20120205_6179.jpg

                Chaud dedans, mais ça pue ; froid dehors et ça gel!

 

Le programme promettait un vin d’honneur et une distribution de brioche. Josiane Birdat avoua à Balthazar qu’elle était là pour les brioches

_ C’est toujours ça de pris ! 

Sur une scène tendue de noir, Louis Legris Leblanc expliqua le symbole qui s’attachait à cette représentation :

_ Mes très chers amis en achetant cette épinglette, vous manifesterez votre désir de changement, mais plus encore vous entrerez dans le cercle de  ceux qui aiment leur ville. Le cercle représente notre union, notre indéfectible amour pour notre ville. « Tu parles, songea Balthazar, il y a trois mois tu n’avais jamais entendu parler de Thouars ». Chaque losange est un message à lui seul : Individualite, Union,  Force. Ce qui signifie, vous l’aurez compris, que l’union des individus fait la force. Le rouge est la couleur de la conquête. Je dois vous avouer humblement que je ne suis pas l’auteur de ce magnifique emblème.  Il est né sous la main inspirée de Charles-Henry Hichlag, que nous applaudissons bien fort. Charles-Henry ! Charles-Henry ! Charles-Henry !

Et la populace se mit à beugler

Charles-Henry ! Charles-Henry ! Charles-Henry ! Charles-Henry ! Charles-Henry ! Charles-Henry !

Sous une pluie de confetti  blancs Charles-Henry Hichlag arriva les bras tendus au-dessus de la tête, sourire carnassier aux lèvres.

_ Le temps est venu ! Le temps est venu mes amis ! gueula-t-il dans le micro.

La foule était en transe.

Balthazar,aussi, aurait été impressionné s’il n’avait pas dix apéros dans le cornet. Il était quand même 20 h 30 !

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 04:31

 

saletemps-20.jpg

 

Résumé : Bon les gars, si c'est comme ça, je vais durcir la position. Je romps les contacts avec "P'Tit Louis" délégué syndical CGT, et je vais désormais négocier avec "Gros Pierre"  délégué de l'autre syndicat. J'ai d'ailleurs une bonne  nouvelle à vous annoncer,  Gros Pierre, vient d'être promu "Monsieur Climat". C'est à lui de veiller à ce que le climat chez les résuméistes soit le plus harmonieux possible. Il me fera remonter vos doléances et nous verrons ce qu'il est possible de faire avant d'en arriver à ces blocages funestes. Et pour accompagner cette bonne nouvelle chacun aura droit à une pomme par semaine. C'est sain les pommes!

 

 

 

 

La météo restait froide, mais les esprits commençaient à s’échauffer. Les élections municipales approchaient. Charles-Henry  Hichlag s’agitait ferme. Le maire Maurice Gros ne comprenait pas bien. Pour lui, une campagne électorale, c’était une partie de boules avec les cheminots, un coup de Duhomard avec les commerçants sous les halles, un broyé poitevin bouffé avec les vieux de la maison de retraite. Or, voilà qu’en face, ils distribuaient des tracts, passaient des spots à la radio locale ( la F Meuuu qu’on aimeuuuu comme disait la pub). Ils avaient même publié un brûlot «  la ville qu’on aimerait aimer ».

 

Arriva alors de Paris Louis Legris Leblanc, coach. Depuis la capitale il téléguidait la campagne de Charles-Henry Hichlag, et comme il fallait passer à la vitesse supérieure il  venait s’installer à Thouars. Il prit ses quartiers à l’auberge du Moulin Bleu, chez Henri Mistrat, colistier qui en bavait de joie et lui ouvrit un crédit complet.

 

20120206 6436

                                           Putain ça caille ici !


Comment décrire autrement Louis Legris Leblanc qu’en le qualifiant de petit merdeux arrogant ? Vêtu d’un costume bleu anthracite il portait immuablement cravate gris perle et souliers vernis. Il vint se présenter à Balthazar avec une bouteille de vodka  à bon marché dans une pochette frappée à  l’enseigne « Hyper-Bouffe, des petits prix pour dire ouf ».

_ Cher ami, je me présente : Louis Legris Leblanc, spécialiste en communication. Charles-Henry Hichlag m’a demandé de venir l’épauler. Je connais bien quelques uns de vos confrères parisiens. Et il cita le présentateur d’une émission télévisée, un critique de cinéma dans un journal d’extrême droite, un chroniquer gastronomique. Il poursuivit en affichant un sourire complice. Je connais les traditions de la profession, acceptez ce modeste témoignage d’amitié. Il posa sur le bureau de Balthazar sa bouteille de vodka.

Balthazar ouvrit des yeux ronds. Il considéra la bouteille et la repoussa avec dégoût.

_ Je suis navré mais je ne bois jamais !

A SUIVRE ...

 

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 05:02

 

 

 

saletremps 19

Résumé..............GREVE......   GREVE........... GREVE........ GREVE........ GREVE... GREVE.. GREVE....

 

 

 

 

 

 

 

Lors de la tournée quotidienne (la tournée, dans le jargon de la presse, c’est cette visite quotidienne aux flics, aux cognes et aux pompiers)  Balthazar monta à l’étage saluer Le Grandu.

_ Mon pauvre vieux qu’est-ce qu’il  t’a mis ce con de Charles-Henry  Hichlag.

_ Ah oui, quel con celui-là ! Mais il n’a pas tort, on est dans la mouise. Soit les traces ont été effacées par les chutes de neige, soit il y a eu tellement de passage avant les assassinats qu’on  ne peut rien exploiter. Le sous-préfet commence à gueuler. Mollement parce qu’il ne s’agit que de clodos, mais quand-même. Et depuis le suicide du commissaire (voir « panique à la maison poulaga ») la place reste vacante. Et, en attendant, c’est moi qui prends  tout.

 

DSCF0300.JPG

Il y a eu tellement de passage avant les assassinats qu’on  ne peut rien exploiter.


_ Mon pauvre vieux. Est-ce qu’on sait ce qu’il est venu faire sur nos terres ce malheureux Bressuirais  de Baptiste Crémieux ?

_ Aucune idée. Il vivait seul, avec 4 g dans le cornet, 24 h sur 24. Ses rares copains sont pareillement imbibés. On ne comprend rien à ce qu’ils disent. Ils parlent à moitié en patois ! « o nous faisions zire,  o nous faisions zire ! » gueulaient-ils en boucle comme s’ils avaient la trouille. Au  début j’ai cru qu’ils disaient «  o nous faisions rire ! ». Je leur ai foutu deux ou trois mandales, ben oui... excuse-moi ... mais ils étaient tellement cons. Un brigadier qui est né à Saint-Porchaire est intervenu pour m’expliquer que « o nous faisions zire » cela veut quelque chose comme «  cela nous dégoûte » !!!

_ Ce n’est pas plus clair en français qu’en patois !

A SUIVRE...

 

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 05:55

 

saletemps 18

 

 

Résumé : Dites les résuméistes, j'étais parti en week-end et qu'est-ce que je lis dans le résumé de la fin de semaine dernière : "l'ennemi me redoute, je ne dois pas le décevoir" se dit Balthazar qui puise cette belle idée chez René Char". D'accord pour René Char mais vous indiquez que pour Balthazar tous les élus sont des ennemis ? Vous dépassez vos fonctions ! Le résuméiste n'a pas à intervenir de cette manière.

" Quoi ? Quoi? Ce n'est pas dans nos fonctions ? GREVE ! GREVE ! Le patron veut réduire nos prérogatives! GREVE! Débrayage immédiat !"

 

 

 

 

C’est en effet un lecteur de Bressuire qui appela lorsqu’il vit la photo sur le journal.

_ C’est Baptiste Crémieux. Il était contremaître à la Cadrolex, l’entreprise fabriquait des  cadres de vélo. Il a été licencié parce qu’il voulait créer une section syndicale. Rien de méchant. La CFTC. Mais le patron n’a pas aimé. Il a été viré. Il y a longtemps. D’ailleurs la boite a coulé depuis. Et sans syndicat pourtant. Baptiste était un bon gars, mais, désœuvré il  a commencé à picoler. Sa femme l’a foutu dehors. Il s’est retrouvé à la rue. Mais je me demande comment il est arrivé chez vous, il ne quittait jamais le coin. Il y avait ses habitudes.

Legrandu fut informé le jour même, et le lendemain tous les lecteurs l’étaient aussi.

Dire qu’une psychose s’abattit sur la ville serait excessif. Après tout le tueur n’en voulait qu’aux clochards. Donc le meilleur rempart contre sa violence était un bon manteau de vison ou un moelleux loden. Les ouvriers, qui n’avaient pas les moyens de s’afficher ainsi, prenaient soin de se raser tous les jours. Les patrons étaient ravis en somme.

 Le temps passa un peu. La neige resta.

 

ursulines

C'est aux Ursulines que le troisième crime a été commis, devant le toboggan!

 

 

L’opposition municipale avait de nouveau éructé contre le laxisme de la majorité. Le maire reporta lâchement la faute sur la police, et  l’inspecteur Legrandu fut  contraint de venir rendre compte de l’avancement de son enquête au conseil municipal.

Il exposa longuement les faits, donna des détails légistes que tout le monde connaissait déjà et il conclut :

_ Nous explorons plusieurs pistes notamment dans le milieu des marginaux.

_ Pour résumer cette histoire de clochards,  vous êtes à la rue ! Clama Charles-Henry  HIchlag, ce qui fit rire aux larmes la grosse Matrille. Même quelques adjoints  du maire esquissèrent stupidement un sourire.

Mouloud essuya une larme.

Balthazar en fit un écho dans sa rubrique curieusement baptisée  « le chien »*.

 

A SUIVRE ...

·     

    Le chien

_ Alors le chien ? ça biche ?

_ GRRRRRR. Charles-Henry  HIchlag chef de l’opposition a fait rire en évoquant la mort des trois malheureux clochards. Comme la police est dans une impasse, il a trouvé amusant de constater : « vous êtes à la rue ».

_  En effet ça sonne faux.

_ Surtout que la cloche... c’est lui.

_ C’est ce qu’on appelle de l’humour glas.

 _ Quel braque alors !

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 05:10

 saletemps 17

Résumé : On a appris que Karantec Plouendec, dentiste celte, avait mis la bouche d'Hichlag en sang. Tu parles d'une nouveauté !

 

 

 


Un troisième crime venait d’être commis. Josiane Birdat promenait son chien dans la prairie des Ursulines, en contre bas de la ville (où elle prenait un malin plaisir à faire déféquer son toutou dans le sable réservé aux bambins, car elle détestait les enfants).

 

Diapositive3

 

Youki faisait donc sa crotte au bout du toboggan  quand elle aperçut un corps dans la neige, sous la balançoire. C’était celui d’un inconnu. Encore un SDF à n’en pas douter. Il avait été cassé, comme le précédent. La nuque brisée, la tête à l’équerre, le bassin fracturé, les jambes repliées en avant. Couché sur son côté droit. On aurait dit un pantin. Ses mains avaient été tranchées. On retrouva la droite non loin, dans une poubelle. La seconde resta introuvable.

 

DSCF0330.JPG

 

Aujourd’hui encore, personne n’a mis la main dessus, si  l’on peut dire.  Elle fut probablement jetée dans, le Thouet, la rivière toute proche, et bouffée par les brochets ou les silures, ou les écrevisses, est-ce que je sais moi...

Ce clodo là n’était pas de Thouars. Dans son portefeuille on trouva une photo de lui, quand il était un jeune cadre à l’avenir radieux, bien avant de tomber dans une misère noire. La police demanda à Balthazar de publier ce cliché pour faciliter l’identification.

La réponse ne tarda pas à venir de Bressuire.

A SUIVRE...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article

Présentation

  • : Les archives de Sapristi Balthazar sur l'ancien blog (over-blog)
  • : Allez sur http://sapristi-balthazar.blogspot.fr/
  • Contact