Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 04:57

 Episode 40

 

  marcel-40.jpg


Résumé :      On a fait la connaissance de Michka. Michka, le ferrailleur, celui qui faisait pousser ... Chut !

 

 


 

Michka donc embrassa chaleureusement Balthazar.

_ Michka peux-tu me rendre service ?

_ Tout ce que tu veux mon ami.

_ La voiture accidentée au stop de l’hospice, celle dans laquelle un type est mort, elle est arrivée ici ?

_ Oui mon pote. Tiens on la voit d’ici. La Mercos blanche.

_ Veux-tu regarder un truc pour moi ?

_ Tout ce que tu veux ma couille.

_ Allons jeter un coup d’œil.

Habitué à la discrétion, Michka empoigna une boîte à outils  sans plus un mot et, accompagné de Balthazar, s’en alla examiner l’auto. Il ouvrit le capot à grand coup de masse.

_ Y a rien ma p’tite bite !

Il se glissa sous le chassis.

_ Oh ! Meeeeeeeeeerde. Le circuit de frein a été saboté. Meeeeeerde. Hey Balthazar, j’veux pas d’emmerdes avec les flics.

_ Rassure-toi, si tu ne dis rien, ce n’est pas moi qui vais aller porter le pet.

Michka fut une tombe. Balthazar aussi.

Ithzak avait été piégé par un réseau palestinien clandestin venu en France régler une vieille affaire. Sans doute une vengeance entre services secrets. Je t’élimine trois terroristes, tu m’enlèves un agent. Ithzak était intouchable en Israël, mais pas aux environs de Oiron. Cela faisait sûrement un bon moment que les Palestiniens attendaient une occasion. Le hasard décidément talentueux fit en sorte que tous les comptes personnels d’Ithzak fussent réglés avant qu’il n’appuie sur le frein, et sente soudain, la pédale morte sous son pied. Il n’eut même pas le temps de voir une ambulance qui arrivait à tombeau ouvert. Il vit juste un grand éclair.

 

marcel 40 bis

 

Il était tard. La neige commençait de tomber. Une lourde mélancolie s'était abattue sur Balthazar, il écoutait la chanson d'Higelin ( celle qui accompagne ce dernier épisode). Avant d’aller vider quelques verres au café des Arts, il reçut un coup de fil. C’était le maire de Biscouille-mes-Deux. Il était enchanté des trois pages consacrées à son édifiante politique locale. Il avait payé pour ça. Sa commune avait acheté 1.000 journaux qui avaient été envoyés à ses administrés avec une belle bafouille signé de sa main.

Balthazar, bien embarrassé, détourna le sujet de la conversation et hasarda une question :

_ Tout de même l’info importante récemment ce fut la réhabilitation de Marcel et Marcelle. Qu’en pensez-vous ?

L’autre répondit simplement

_ Ah ! ça ! J’ai pas lu...

 

 

 fin.jpg

 

Balthazar Forcalquier. Septembre/octobre 2011.

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 04:49

 Episode 39

  marcel-39.jpg

Résumé :      Hou ! ça s’internationalise ! On croise des israeliens, des palestiniens. C'est une grosse production de feuilleton !

 

 

 

 

 

 

Le lendemain Balthazar poussait une grille. Au-dessus une pancarte proclamait «  Ici on casse-tout, même les prix ».

Cette casse auto était tenue pas Michka, un type noir de cambouis, poilu comme un singe et tatoué jusqu’aux yeux.

Michka n’aimaient pas flics (encore un !). Il s’était fait pincé - après dénonciation comme toujours dans ce genre d’affaires - parce qu’il cultivait de la marijuana dans les épaves qui abondaient chez lui. Le processus était malin : une bagnole constitue une idéale petite serre. Quoiqu’il en soit, Michka vouait à Balthazar une totale amitié. Il avait été jugé, mais son affaire n’avait jamais été publiée dans les colonnes du journal. Michka était persuadé que  cette aubaine était le fait de Balthazar qui n’aimait pas  les flics n’ont plus. Balthazar avait expliqué moult fois à Michka qu’il n’y était pour rien. D’abord les audiences de correctionnelles se déroulaient dans une autre ville que celle où exerçait Balthazar. Ensuite parce que Balthazar, n’étant pas aimé de ses collègues, il aurait été vain qu’il entreprenne une démarche auprès du journaliste chargé du compte-rendu de l’audience, l’effet aurait même pu être contraire à celui escompté. Enfin, si le journal n’avait rien publié, c’est qu’il avait essuyé une grève de plusieurs jours, et que le papier devenu trop vieux était passé par pertes et profits. Alors oui, peut-être, Balthazar avait eu une part dans le processus parce qu’il avait été gréviste ; mais alors d’une manière bien anodine. Rien n’y faisait. Michka voulait croire que Balthazar était un mec, un mec avec des couilles comme ça, et un pote à la vie à la mort.

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 05:36

 Episode 38

 

  marcel-38.jpg


Résumé :      On croyait que tout était fini. Faut croire que non.

 

 

 

 

 

L’assemblée générale du Lions Club donnait lieu à un grand et joyeux banquet. Balthazar ne le manquait jamais. D’abord parce qu’on y mangeait bien, on buvait sans compgter, et ensuite parce qu’on y collectait plein d’infos. Justement ce jour-là,  Henri Mistrat mangeait à la même table que le journaliste, il était l’hôtelier de l’auberge du moulin bleu.

 

bouteille

 

Henri disait que le hasard était décidemment bien ironique parce que :

_ La veille du jour où est mort cet Israélien dans l’accident de voiture, au stop de l’hospice. Un stop foutrement dangereux soit-dit en passant. Faut voir le nombre de cartons qui se produisent là. On se demande ce que fout l’Equipement.  Donc ce client juif dormait chez moi, et entre nous, je n’ai jamais été payé pour les trois nuits qu’il a passé là. Bon, c’est une autre histoire. Donc, la veille de sa mort, j’ai eu deux autres clients exotiques. Deux arabes se pointent. Je les fais payer d’avance. Ils paient sans broncher. Vous êtes Algériens que je leur demande ? Parce que moi je suis pied noir, de Constantine ; non qu’ils me disent. Nous venons pour affaire, nous venons acheter des moutons en grande quantité. C’est vrai que notre abattoir est homologué pour la viande Hallal que je leur réponds. Lucien Birdat, le directeur de l’abattoir,  vient de me dire à l’apéro qu’en effet il les avaient vus, qu’il était question d’un gros contrat pour la Palestine, mais il n’a pas eu de nouvelles. Un juif et deux Palestiniens dans la même semaine ! Cela me change des Vendéens et de Charentais.  

Balthazar n’avait pas perdu une miette de cette confidence. Il savait, lui, qui était – intimement - la victime israélienne de l’accident. Et le hasard en la matière n’avait probablement aucune part. Ithzak, rappelons-le, était un officier du Mossad. La présence de ces Palestiniens ne pouvaient pas être fortuite...

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 05:13

Episode 37

 

  marcel-37.jpg


Résumé :      C’est encore plus dingue ce qu’on a appris !

 

 

 

 

 

Pourquoi, après toutes ces révélations, Louis Grandclerc parlait de son neveu ? Balthazar se versait un ultime verre de Duhomard. Louis Grandclerc acheva ce long monologue (plusieurs épisodes quand même !) :

_ Mon neveu est ambulancier. C’est lui qui a eu l’accident avec Ithzak, un homme dont il ne sait rien d’ailleurs. Ithzak a brûlé un stop en sortant de l’hospice. Mon neveu arrivait au carrefour, le choc fut inévitable, comme vous dites dans votre métier.  La mort de Francis/Ithzak fut purement accidentelle. Mon neveu m’a raconté avec précision les circonstances. Mon neveu est un brave type, un peu con, mais brave. Il en était tout retourné. Il m’a raconté : « tonton, c’est moche pour un ambulancier de tuer quelqu’un, mais c’est la fatalité. Je serai passé dix secondes plus tard ou plus tôt, et ce type qui était en vacances dans le coin rentrait chez lui.

C’était un touriste Israélien, je crois. »

Voilà, je n’ai plus rien à vous dire. Je vous salue. Partez maintenant, je vous prie.

Balthazar fit un grand article, bien détaillé, avec des documents d’époque. Et passa sous silence ce qui devait rester secret. Le chef du journaliste, qui avait oublié ses injonctions lorsqu’il s’agissait de traîner Marcel dans la boue (épisode 24), trouva que tout cela était une belle histoire, bien édifiante, bien vendeuse. Le chef vint même à la cérémonie dédiée à la remise des deux médailles de Justes au cimetière de Oiron. Dame ! Il y avait là tout le gratin, tous les élus du coin susceptibles d’acheter des « ventes en masse » (voir épisode 20). Que des huiles : un secrétaire d’état, un général de gendarmerie, un autre d’une arme quelconque, un préfet, ces quatre-là étaient plein de morgue. Il y avait aussi des drapeaux, de la musique militaire, bref tout ce que Marcel et Marcelle détestaient. Il y avait aussi toute une bande francs-maçons, tablier à breloques et gants blancs, qui chantèrent plutôt joliment en se tenant les mains. Sybille était en arrière, dans la foule, elle pleurait doucement. Les discours furent interminables. Celui de Clovis Achille fut émouvant. Le vin d’honneur fut copieux.

 

pleurs

                                        Sybille pleurait doucement.

Balthazar finit au bistro où les potes de Marcel trinquaient entre eux.

_ On aurait pu venir avec le drapeau noir. Mais le drapeau noir n’est pas un drapeau, ça pourrait être un chiffon, c’est juste un signal dit Maurice Gros de la fédération anarchiste à Louis Grandclerc, tout en servant un godet à Balthazar qui  ne manqua pas, le lendemain, de relater ce bel hommage des vrais amis,  en marge des rubans et des fanfares.

Et la vie ordinaire repris son cours. Toute cette affaire était finie. Enfin... presque finie. Jusqu’à l’assemblée générale du Lions Club qui eut lieu peu de temps après !

A SUIVRE...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 05:05

 Episode 36

 

  marcel-36.jpg

 

Résumé :      C’est dingue ce qu’on a appris !

 

 

 

 


 

Louis Grandclerc, après avoir dévoilé à Balthazar que le petit Francis était en réalité Ithzak (un agent du Mossad), poursuivit son passionnant récit :

_ Ithzak ne manquait jamais de venir me saluer aussi quand il était en France. Marcel et Marcelle étaient un peu ses parents, il me considérait comme une sorte d’oncle.

 Louis ouvrit une autre bouteille de Duhomard et reprit le fil de son histoire :

_ Ithzak, la dernière fois que je l’ai vu était affligé d’une infinie tristesse. Voici ce qu’il me confia. Il venait d’embrasser Marcelle à l’hospice. Il lui avait proposé de la conduire dans une confortable maison de retraite quatre étoiles sur la côte d’Azur. Elle refusa d’un signe de tête avec un grand sourire. Elle désigna un bloc-notes. Ithzak lui donna. Avec un crayon elle écrivit le nom des coupables : René, Michelle, le PDG Gislain de la Ribaudière. Tous trois avaient poussé Marcel au suicide.

 Ithzak prit immédiatement sa décision. Celle de se venger, de venger Marcelle et Marcel. Je ne suis pas sûr que Marcel aurait approuvé... Je m’interroge aujourd’hui encore. Bref, Ithzak, ancien espion du Mossad connaissait toutes les manières de tuer sans laisser de trace. Il m’a raconté qu’il avait utilisé une vieille recette des services secrets bulgares pour brouiller une éventuelle enquête et par goût des fausses pistes Connaissez-vous la ricine ?

La ricine est une glycoprotéine très toxique formée de deux chaînes polypeptidiques A et B, reliées entre elles par un pont disulfure. Bref, c’est imparable. Et sauf à tomber sur un médecin légiste très affûté, la toxine n’est pas détectable. Ici en province on est à l’abri.

On l’administre au bout d’une aguille empoisonnée. Les Bulgares avaient utilisé un parapluie piquant dans les années 80. J’ignore comment Ithzak a procédé dans le détail, mais vous avez su l’implacable résultat : René, Michelle, le PDG Gislain de la Ribaudière n’ont pas fait long feu.

Ithzak a été tué dans l’accident tout de suite après, en quittant l’hospice, j’imagine qu’il était allé dire à Marcelle que tout était accompli...

Vous l’ai-je dit ? J’ai un neveu ambulancier?

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 05:46

 

 Episode 35

 

  marcel-35.jpg


Résumé : on a utilisé une seule fois le mot « Duhomard ». On devient raisonnable !

 

 

 


En s’approchant du visage de Balthazar, Louis Grandclerc chuchota :

_ Francis, l’enfant juif... c’était Ithzak. Vous savez cet Israëlien qui venait une fois par an, parfois deux, visiter les époux Marcel. Vous l’avez certainement croisé dans la cave. Il leur vouait un amour total. Il avait voulu les aider, leur offrir une maison plus confortable, ou une nouvelle voiture, ou des vacances aux Baléares... Rien à faire, Marcelle ni Marcel n’acceptèrent. Leur joie c’était de le voir, rien de plus.

Ithzak était parti en Israël dans les années 60. Nos amis le laissèrent libre de son choix. Vous imaginez qu’ils n’étaient pas gens à brider la liberté des autres. Ithzak devint un agent important du Mossad. Un officier supérieur même. Il confia ce grand secret à trois personnes seulement : à Marcel, Marcelle et à moi. Par gratitude. Signifiant ainsi toute l’affection qu’il avait pour nous.  renommee


Vous imaginez bien qu’Ithzak avait déjà entrepris toutes les démarches pour que ses parents adoptifs (dans son cœur, si ce n’est officiellement) obtiennent la médaille des Justes. La procédure allait aboutir quand Marcel et Marcelle la bloquèrent par modestie, par humilité. Il suffit de relancer le dossier désormais, sa conclusion heureuse ne tardera pas, puisque  tout était déjà prêt.

 Ithzak, avant de mourir dans ce stupide accident de la route est venu me voir.

La suite lundi pour les cinq derniers épisodes.  

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 04:14

 Episode 34

 

  marcel-34.jpg


Résumé :      Il y a bien des mystères dans cette histoire, ils se dévoilent peu à peu.

 

 

Louis Grandclerc alluma la lumière dans sa cuisine. Il s’assit à la table où Balthazar dégustait déjà son Duhomard.

Balthazar lui raconta sa visite chez Clovis Achille :

_ C’est magnifique. La médaille des Justes sera remise à titre posthume à Marcelle et Marcel. Quel bel hommage !

 

  juste.jpg


Louis Grandclerc sourit :

_ Je suis content que cela vous plaise tant. Mais il y a autre chose. Pour le reste, pour ce que je vais vous dire maintenant, je vous demande la plus totale discrétion. Aucune preuve ne vient étayer ce qui va suivre. Mais je vous prie de croire que c’est la plus exacte vérité.

Je suis bien placé pour la connaître. J’en suis le dépositaire fortuit. C’est un développement bien inattendu qui, d’une certaine manière, habille le secret de Marcel et Marcelle d’une autre nappe de mystère ; peut-être plus épaisse encore... Quand j’aurai fini, nous serons deux à connaître la vérité.  Mais peut-être avez-vous déjà deviné ? 

Balthazar se hasarda sans s’exposer.

_ Heu... J’ai ma petite idée. Ce Clovis Achille est certes un héros de la Résistance, mais c’est un foutu militant d’extrême droite !

_ Il ne s’agit pas de cela cher ami, vous ne savez rien de Clovis et gardez vous de le juger hâtivement. Non, il s’agit de   Francis ce petit enfant juif recueilli par Marcelle et Marcel. Savez-vous ce qu’est devenu cet enfant ?

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 05:17

 Episode 33

 

  marcel-33.jpg


Résumé :    Le Duhomard est un excellent  remède à la mélancolie. 

 

 

Balthazar, de retour à la rédaction, prit rendez-vous pour le lendemain même avec Clovis Achille, le chef du réseau qui, pendant la guerre, veillait à soustraire les enfants juifs de la Gestapo. Louis Grandclerc était membre de ce réseau, et c’est lui qui confia le petit Francis à Marcelle et Marcel.

Clovis Achille était un bourgeois « vieille France ». Il habitait un confortable appartement au centre d’Angers. C’est lui qui ouvrit la porte en chêne ciré et cuivre lustré. Il portait beau dans une robe de chambre en soie vert céladon à moirures, cravate bleue, gilet de fine laine grise et ruban de grand officier de la légion d’honneur au revers d’un veston prince de Galles. Il précéda Balthazar le long d’un couloir orné de portraits de généraux vendéens. Ils pénétrèrent dans un salon cossu. Les murs étaient couverts de toiles illustrant d’édifiantes scènes vendéennes (la prise de Saumur, le passage de la Loire à Saint-Florent, le passage du Thouet par l’armée royale au gué aux riches près de Thouars).

 

220px-Coeur-chouan

 

Sur un secrétaire, des sacrés cœurs peints sur une grosse toile reposaient sous verre. Sur le bureau en acajou des bustes de Louis de Salgues de Lescure, François-Athanase de Charrette, et Maurice Gigost d'Elbée avaient des allures de futurs vaincus.

_ Sachez monsieur que je n’ai aucune considération pour les journalistes. Ils maltraitent notre langue et se contentent d’approximations. Ils sont incultes. Je ne vous reçois, aujourd’hui, que pour deux raisons. Il s’agit de laver l’honneur de Marcel Marcel, et de répondre favorablement à la sollicitation de mon vieil ami Louis Grandclerc. Je sais pourquoi vous êtes ici. Pour une fois que le journalisme peut avoir une quelconque utilité... c’est tant mieux. Sachez aussi que je ne répondrai à aucune de vos questions. Asseyez-vous. Je vous sers un verre ? Non ? Bien...

J’ai entrepris il y a peu, les démarches pour obtenir - à titre posthume - la médaille des Justes à Marcel et Marcelle Marcel. Tous deux n’avaient jamais voulu en entendre parler de leur vivant. Vous savez, les médailles et les anarchistes, c’est comme l’huile et l’eau. Je ne comprends pas cela, mais je le respecte. La médaille des Justes est cette rare distinction décernée à ceux qui ont sauvé des juifs pendant la guerre.

Nous ne laisserons pas salir la mémoire de nos amis. Nous agissons donc contre leur volonté, mais ils nous pardonnerons devant Dieu.

Cette hommage légitime ne fait aucun doute, Louis Grandclerc vous dira pourquoi, cela n'est pas de ma responsabilité. La remise officielle sur la tombe de ces deux humbles héros donnera lieu à une grande cérémonie qui fermera le bec de tous les médisants.

Maintenant, faites votre travail et votre devoir monsieur Forcalquier. Ah... J’ai un message de Louis Grandclerc. Il vous demande d’aller le voir de nouveau. C’est important m’a-t-il dit.

Balthazar, de retour, fila à nouveau chez Louis Grandclerc qui lui servit, de nouveau un verre de Duhomard.

_ Mon cher Balthazar vous savez l’essentiel. Clovis Achille vous a dit ce que nous allons faire et quelle cérémonie officielle se prépare. Mais il y a autre chose. Je vous dois la totale vérité.

 

A SUIVRE ...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 05:12

 Episode 32

 

  marcel-32.jpg


Résumé :      Louis Grandclerc  a  toutes les preuves de l’immense probité des époux Marcel. Vous en doutiez ? Non bien sûr...

 

 

 


Louis Grandclerc, preuve à l’appui, venait de réhabiliter la mémoire des époux Marcel. Mais il avait encore quelque chose à dire : 

_ Vous trouverez aussi dans le dossier que je vous confie les pièces attestant des versements que Marcel fit à notre réseau pour payer des familles d’accueil qui n’avaient pas sa générosité et qui, elles, monnayaient leur aide. La totalité des sommes acquises lors des ventes de vin aux nazis fut donnée à notre organisation. Marcel n’en retira même pas le prix de base. Dire qu’il s’est enrichi est une pure calomnie, au contraire il s’est appauvrit. Voilà ce que vous pouvez écrire dans votre journal, si vous le voulez bien. Moi, je ne suis qu’un rouage dans cette affaire, je vais vous donner le nom du chef de notre réseau. Il s’agit de Clovis Achille. Allez le voir, il habite à Angers, allez-y de ma part. Je vous donne une lettre d’introduction. Vous en saurez beaucoup plus. C’est à lui de vous dire la suite.

 

coffre-fort.jpg

 

                                                                 "au contraire Marcel s'est appauvrit"

Louis Grandclerc retira du dossier une enveloppe qu’il poussa devant Balthazar dont le verre était vide, comme son âme. Le journaliste aurait tant aimé connaître la vérité quand Marcel était encore vivant, et lui exprimer son affection et son respect. Il fut son pote, il aurait aimé être son ami.

_ Resservez-vous, je vous en prie. Le Duhomard est un excellent remède à la mélancolie.

A SUIVRE...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article
5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 05:04

 Episode 31

 

  marcel-31.jpg

 

 

 

 

 

Résumé :     Marcel était un chic type. Vous en doutiez ? Pas moi. Il est vrai que, moi, je connais l’histoire d’avance.

 

 

 

 

 

 

Louis Grandclerc poursuivait son récit. Balthazar en était à son troisième verre de Duhomard.

_ A cette époque, en 1943, la brigade de gendarmerie était commandée par un adjudant voué à la politique du maréchal, vous voyez le genre de bon français. Ce pétainiste bon teint était malin. Il avait reniflé l’entourloupe, mais il  n’arrivait pas à produire des preuves. Il venait souvent voir Marcel et Marcelle pour demander chaque fois plus de renseignements sur ce petit Francis. Et dans quel village il est né ? Et que faisaient ses parents ? Et quels étaient leur prénom respectif et les dates de naissance. Et où était son certificat de baptême ? Et que c’était bien ennuyeux tout ça, mais la mairie où il était sensé être né avait été bombardée en 40. Et que les registres avaient brûlés. Cela n’en finissait pas.

Louis Grandclerc servit un quatrième Duhomard sans interrompre son récit.

Vous comprenez maintenant de quand date l’aversion absolue de Marcel pour les « cognes », comme il les appelait. Déjà qu’il était anar de naissance... Heureusement, si l’on peut dire, ce gendarme bénéficia d’une promotion, il fut chargé de la surveillance du camp tzigane de Montreuil-Bellay. Tâche dans laquelle il excella jusqu’en janvier 1946. Oui mon cher Balthazar, le camp continua de fonctionner bien après la libération... Le gendarme qui lui succéda était... disons... moins zélé, mais pas dupe non plus. Il fit mine d’avaler la fable sur l’origine de Francis. A la libération, croyez-le ou non, Marcel alla lui serrer la main et lui proposa de le parrainer en maçonnerie. Ce brave homme accepta et devint même vénérable de la loge de Saumur dans les années soixante.

Louis Granclerc glissa sous les yeux de Balthazar la chemise cartonnée qu’il maintenait jusque-là sous son coude.

Vous trouverez dans ce dossier les documents qui prouvent la présence chez les époux Marcel d’un enfant juif, et vous comprendrez que la meilleure manière de le cacher était de mimer une amitié avec l’Allemand et de faire bonne figure. C’est en tout cas la manière choisie par  notre ami commun. Elle fut efficace, c’est bien ce qui compte.

Mais ce n’est pas tout.

A SUIVRE...

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
commenter cet article

Présentation

  • : Les archives de Sapristi Balthazar sur l'ancien blog (over-blog)
  • : Allez sur http://sapristi-balthazar.blogspot.fr/
  • Contact