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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 03:28

 

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Published by Balthazar Forcalquier - dans LES VIDEOS
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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 03:48

 

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IV

 

 

 

Après avoir grimpé une sente herbeuse et mouillée, pendant plusieurs heures nous longions désormais une forêt d'un vert noir. La lumière la traversait en longs rubans penchés. Elle taillait des tranches blondes dans le ténébreux sous-bois. J'observais et ne savais s'il fallait s'inquiéter ou jouir du spectacle. Car il n'allait pas durer, il ferait bientôt nuit. Les moucherons dansaient en volutes denses, ivres de ces dernières jouissances chaudes. Demain ils seraient morts. Et nous ? Les drosophiles ces « amateurs de rosée au ventre noir » les accompagnaient avec grâce dans leur ballet.

Les pins étaient gigantesques et, sous leurs ramures, des troncs abattus par d'anciennes tempêtes, matelassés de mousse, pourrissaient en dégageant de puissants parfums sauvages. Je savais que cette odeur était la nôtre. Les animaux, trompés par ce fumet, nous laissaient approcher et, parfois, leur confiance était leur sacrifice. Nous savions cela aussi. 

 

Amogh quand il ne piégeait pas, usait d'un arc raide taillé au couteau dans un cœur d'if. Une corde en boyau de chat était enroulée au repos le long de ce long bois rouge. Pour la tendre il fallait une force formidable. Mais Amogh, sans un souffle, tirait sur le câble rêche. Aucune crispation sur le visage ne traduisait l'effort pourtant considérable que son corps accomplissait. La pointe à barbelures forgée pour trancher les artères et provoquer l'hémorragie de la bête, ne tremblait pas. Dans un soupir la corde se détendait et la flèche frappait dans le thorax coupant net les tendons et les chairs. 

(A SUIVRE LUNDI)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 11:42

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Les yeux dans les yeux j'ai pas d'argent ! Il faut me croire!

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Published by Balthazar Forcalquier - dans La vie Thouarsaise pour rire
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 03:30

 

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III

Une fois il avait failli s'étouffer de joie en regardant un chevreuil pris au collet ; l'animal avait réussi à arracher le pieu qui amarrait le lien. Et, à demi étranglé, lançait en voltes grotesques, autour de sa tête, la corde qui tournait comme une fronde. Plus il regimbait, plus le nœud se serrait. L'agonie était pathétique.

-Pourquoi ris-tu ?

-On dirait un navire qui fait naufrage, quelle merveille ! 

Il dépeçait l'animal qu'il était encore secoué de hoquets. Il retira le foie chaud, le coupa en deux, m'en offrit la moitié, et en s'essuyant les larmes de rire se fit deux longues traînées de sang sur les joues. Elles y restèrent plusieurs jours, puis disparurent sous les averses, comme la route. Amogh était un curieux type. On pouvait avoir confiance en lui. Il était simple, franc, brutal. C'était mon ami depuis toujours... Enfin, je crois ce qu'il me disait. Et je n'avais aucune raison de le démentir. En tout cas je n'aurais pas pu argumenter dans une contreverse. Nous avions perdu la mémoire. En grande partie en tout cas. Des zones entières de notre cerveau avaient été effacées, mais les dommages variaient d'un être à l'autre.

Par exemple Amogh avait toujours su tirer à l'arc, et moi je savais jouer de cette longue flûte de roseau. Par exemple nous savions, d'instinct que nous étions amis. Mais nous ne savions rien de notre vie d'avant. Nous ne savions même pas si nous avions eu une vie avant. En tout cas aucune trace dans le paysage ne levait dans nos mémoires un quelconque voile, même déchiré. La géographie comme nos âmes était vide, comme les montagnes que nous franchissions.

(A SUIVRE)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 03:17

 

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II

Nous étions des voyageurs. Pour rire nous nous appelions mutuellement les derniers hommes. Mais naturellement c'était faux. Il y avait parfois au loin, de l'autre côté des vallées des feux. Et des rires qui résonnaient en écho. Des rires qui nous faisaient frémir de douleur et de tentation.

Je ne savais plus bien lire.

Et Amogh plus du tout.

Cela n'avait plus d'importance...

 

 

 

Je connaissais Amogh depuis toujours. Nous parlions peu.

Mais nous savions que nous pouvions compter l'un sur l'autre. Nous nous savions amis depuis toujours. Depuis quand d'ailleurs ? Je n'aurais pu le dire. Et le jour où je l'avais interrogé sur ce sujet il avait répondu, comme une évidence, en me lançant un regard complice :

« mais... depuis que nous sommes amis ! Tu le sais bien quand même !»

« oui mais depuis quand ? »

« mais depuis que tu es toi et que je suis moi. Non ? »

«  si, bien sûr ».

 

C'était un homme de viande, maigre, noueux, carnassier, chasseur émérite. Je connaissais, moi, les herbes, les baies, les fruits, les champignons, les épines qui guérissent ; et celles dont la sève tue.

Le gibier autant que les fruits étaient abondants.

 

Devant moi Amogh se penchait pour éviter la griffure d'un rameau de houx. Les épines griffaient son manteau en épaisse peau de chien avec un crissement délicieux, comme une furie. Il aimait rire, mais les occasions étaient rares. 

(A SUIVRE)

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 03:49

 

 

20120901 1023 copie

 
 

I

 

Le monde que nous connaissions jadis avait changé. Nous avions parfois de fulgurants souvenirs qui nous faisaient atrocement souffrir.

 

Devant moi la silhouette svelte de Amogh dansait en rythme avec la résonance du métal. Sa hache, nouée au pommeau de sa selle avec un lien en cuir de cerf, frappait au trot de son cheval. Depuis des semaines nous allions plein ouest, sans chercher, absolument, les restes de l'ancienne route. Son pavage, souvent parfait et lisse, plongeait dans les profondeurs de la mousse et se perdait dans d'impénétrables halliers hardiment défendus par des fouets de ronces. On ne pouvait y progresser à plus de deux mètres. C'est là que les frelons mâchaient leur nid. Le soliloque des sabots de nos montures, soudain, s'apaisaient. Et le choc si régulier de leur corne sur le granit , si rassurant, si humain d'une certaine manière, s'estompait pour devenir une sorte de pulsation très douce, où le souffle brutal des naseaux apportaient un bourdon de basse continue. Alors le fil de nos pensées, comme notre chemin, prenait des détours inattendus.

 

Parfois, après plusieurs jours de chevauchée, nous retrouvions une portion de la voie, impeccable et luisante sous la pluie. Comme neuve. On ne savait pas quand et par qui elle avait été construite. Elle filait souvent droit sans souci des abruptes pentes. Parfois on distinguait les profondes cicatrices laissés par des charrois très anciens. L'eau y stagnait. Les moustiques et les grenouilles y dormaient dans de minuscules épaisseurs odoriférantes de feuilles noires en décomposition.

(A SUIVRE)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 03:07

  Vous n'avez pas le temps de lire ? Balthazar est là. Il écrit pour vous des phrases romanesques qui valent des volumes entiers. Vous les lisez en moins de 30 secondes et votre imagination fait le reste.

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ça va faire boum !

Mariage : 

nous avons le plaisir de vous annoncer l'union de M. Boire avec Mlle Conduire.

(Balthazar Forcalquier)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans PHRASES ROMANESQUES
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 12:02

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La semaine prochaine, dès lundi : un nouveau récit en plusieurs épisodes : "la jouissance du monde ", récit extraordinaire autant qu'imaginaire.

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 04:03

Pour être vu, le désert a besoin d'ombre

(Balthazar Forcalquier)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans L'aphorisme de la semaine
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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 04:36

 

 

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