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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 03:40

Attention à la flèche de Cupidon,

elle est équipée d'une tête chercheuse

(Balthazar Forcalquier)

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 03:02
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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 03:46

 

 

 

 

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XL

 

Mais ce cruel destin eut une conséquence qui bouleversa définitivement nos vies. Le monde en serait différent, et plus encore nous appréciâmes alors les languides heures, les joies soudaines, les poignées de framboises sauvages, les rondeurs chaudes, les plongées dans le sommeil quand il pleut dehors, les saveurs sauvages et les parfums féminins, entêtants et délicieux des tubéreuses sauvages, le jaune audacieux des iris au bord des marais, les ombelles gracieuses des herbes couronnées. Nous avons su combien il fallait jouir du monde à corps perdus, car nous serions les derniers. Nous avions compris ce qu'il était advenu, et l'homme est ainsi fait qu'il a besoin de savoir. Cette connaissance nous libéra car elle devint tout-à-fait inutile.

 

Voici ce qu'il advint.

 

Le lendemain Sophia fut terrassée par plusieurs crises, le souvenir fraîchement évoqué la bouleversait. Cela l'épuisait. Elle reprit connaissance quelques instants dans la soirée.

 Vous devez aller chercher les sacs cachés... Ils sont dans une souche de chêne mort, au bord de la falaise, en haut. Il y a sur la droite un éperon rocheux qui ressemble à un profil d'homme. Vous devez y aller... Promettez le !

Nous irons demain, c'est promis dit Amogh avec une douceur que je ne lui connaissais pas. Il caressa la main de Sophia qui sut que notre parole était engagée et que nous accomplirions son voeu sans attendre. Cela l'apaisa tout-à-fait.

(A SUIVRE)

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 03:43

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XXXIX

Elle poursuivit :

«  Nous avons tourné bride, mais ils étaient déjà sur nous. Un casse-tête en pierre s'abattit sur Eloneloa... J'ai vu... J'ai vu, son cerveau écrasé couler sur sa nuque... Elle est restée un instant bien droite, puis elle s'est effondrée. J'ai reçu un violent coup à l'échine. J'ai serré les jambes sous la douleur, mon cheval est parti au galop. Il était plus fin, plus rapide, dans ces bois touffus. Mes assaillants n'ont pas pu me suivre. J'ai chevauché longtemps... longtemps...longtemps. Jusqu'à un surplomb enneigé. Là, dans un creux d'arbre, j'ai caché mon sac et celui d'Eloneloa qu'elle venait juste de me passer pour que j'y puise une tranche de cerf fumé. Allégée j'ai cherché un abri. J'ai glissé au bas de la falaise et j'ai trouvé une minuscule grotte où je me suis glissée, après... »

 

Ce récit avait duré, il avait épuisé Sophia qui sombra de nouveau dans une sorte de coma agité. Amogh ne disait rien, mais je sentais dans son regard le reproche. Si j'avais mieux caché les chevaux sur la plage, tout cela ne serait pas arrivé. Je le savais mieux que lui. Une fureur lointaine monta dans nos âmes, une envie de meurtre, une envie de voir le sang des hommes bleus couler en abondance. Une folie meurtrière qui s'estompa enfin comme l'aube basculait dans la vallée.

(A SUIVRE)

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 03:33

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XXXVIII

Nous étions inquiets. Si l'effet du poison semblait désormais contrarié, Sophia avait perdu beaucoup de sang. Trop.

Voici son récit, il fut entrecoupé de longues périodes de silence et parfois même d'inconscience, de larmes aussi.

 

 

« Après vous avoir quittés, nous avons mis le cap à l'Est ; Eloneloa et moi. Le monde était beau, l'automne donnait à plein. Nous avons chevauché deux semaines et avons abordé une forêt d'érables flamboyants. Ah que c'était beau. Nous étions heureuses comme des enfants. Nous vous avions aimés et ce souvenir restait pur et tendre. Nous parlions parfois de vous, sans jamais dire si nous aurions voulu rester en votre compagnie... Je ne crois pas... Ou alors un peu, une saison d'hiver par exemple. Mais je ne sais pas... Ou alors quelques jours... Peut-être mais pas plus. Nous n'avons pas osé demander et vous n'avez rien fait pour nous retenir... Alors... Nous chevauchions ainsi libres et gaies. Nous avions entendu au loin, du haut d'un col les cris brutaux des hommes bleus. Nous nous en étions toujours tenues éloignées. Nous ne les redoutions pas. Nous les savions à pied et incapables de nous menacer nous qui avions nos chevaux. Pourtant au détour d'une courbe nous les avons vus. Ils nous attendaient, et horreur, deux d'entre eux chevauchaient des montures, l'une rousse, et l'autre pommelée. »

Nous échangeâmes un regard avec Amogh : ces chevaux, c'était les nôtres !

(A SUIVRE)

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 03:24

 

20120901_1083-copie-1.jpg

 

XXXVII

_ « Crois-tu qu'Eloneloa soit restée là-bas dans la grotte et que noue ne l'ayons pas vue ? »

Amogh secoua la tête

_ « Impossible, le boyau faisait encore un coude, je suis allé y voir pendant que tu me rejoignais. Elle était seule. »

A l'aube du quatrième jour, Sophia nous réveilla d'un cri :

« Eloneloooaaaaa ! »

Elle était tout à fait réveillée, paniquée et très agitée, donnant des coups de poings et de pieds. Pendant que j'essayais de la raisonner avec la plus grande douceur, Amogh l’assomma d'un coup sec avec le manche de sa hache.

_ « Navré je n'ai pas su quoi faire d'autre ».

Expéditif mais très efficace. Sophia revint à elle avec un furieux mal de crâne, elle n'avait plus le désir de se battre.

Son regard exprimait une lassitude extrême et un profond chagrin


Nous lui avons tout expliqué, depuis le début, lentement. Comment nous avions vu les traces dans la neige, puis la mince faille dans la falaise, et sa découverte, inanimée , au fond de la grotte. Sa blessure aussi, si vilaine blessure. Alors elle a pris à son tour la parole, calmement, pour nous dire ces épreuves.


(A SUIVRE)

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 03:35

 Vous n'avez pas le temps de lire ? Balthazar est là. Il écrit pour vous des phrases romanesques qui valent des volumes entiers. Vous les lisez en moins de 30 secondes et votre imagination fait le reste.

 

 

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Cauchemar existentiel : une mouette rêve qu'elle est une sardine et qu'elle se mange goulûment.

(Balthazar Forcalquier)

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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 03:29

Se réveiller dans le désert 

c'est poursuivre un songe dont on ne se souvient pas

(Balthazar Forcalquier)

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 03:15
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 03:25

 

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XXXVI

Durant toute la journée Sophia resta plongée dans un profond sommeil. Mais sa respiration avait retrouvé un rythme ordinaire, ses fonctions vitales aussi... si je puis dire.

Au soir Amogh revint avec trois petits bruants étouffés à la bascule et un beau lapin transpercé de frais. Il avait tout spécialement chassé les oiseaux pour Sophia, car d'ordinaire nous ne perdions pas nos forces pour un si maigre repas. J'en fis un bouillon qu'elle but avec une extrême lenteur.

Trois jours passèrent ainsi, Amogh, après les bruants prit une oie grasse qui fit un excellent potage. J'étais infirmier, cuisinier, garde-malade, valet voué aux basses besognes.

J'étais heureux.

Enfin le soir du troisième jour, Sophia entrouvrit les yeux et murmura :

_« Eloneloa... »

_ « Elle appelle sa copine, dit Amogh, Eloneloa c'est celle avec qui j'ai couché, et qui m'as donné le secret du souffle qui a été si efficace pour chasser les hommes bleus. »

_ « Tu es avec nous, Amogh et Absalom, tu ne crains rien. Repose toi, tu nous diras ce qu'il s'est passé. » murmurai-je à l'oreille de Sophia.

_« Eloneloa... »

Sophia sombra de nouveau dans son profond sommeil.

Je veillais encore une partie de la nuit,  puis Amogh me relaya car si j'avais pris une tisane de ces herbes qui tiennent les yeux ouverts ( cassis-persil), la fatigue me terrassa et je m'endormis en rêvant à la mer. Elle était douce à la peau et semblait notre amie. De longues algues fluides nous caressaient les jambes avec une légèreté amoureuse. 

(A SUIVRE)

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