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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 04:05

"La propagande par le fait a profondément changé la manière dont l'anarchie allait être perçue dans la société. Netchaief proclamait : la parole n'a de prix pour le révolutionnaire que si le fait la suit de près. Il nous faut faire irruption dans la vie du peuple par une série d'attentats désespérés, insensés, afin de lui donner foi en sa puissance, de l'éveiller, de l'unir et de la conduire au triomphe.

" Dans cette lignée allaient apparaître quelques exaltés qui marquèrent les esprits, et comme d'habitude le mélange fut habilement entretenu par la bourgeoisie. Dans l'esprit commun l'anarchie fut le désordre.

"J'avoue avoir de la tendresse romantique pour quelques uns de ces anarchistes si désintéressés qu'ils payèrent très lourdement leur engagement."

Louis Grandclerc ouvrit la troisième bouteille de Duhomard.

"En attendant donc le grand soir, les anars rédigèrent des tracts sur la manière, par exemple, de mettre le feu à une caserne. D'autre voulait faire sauter le palais Bourbon, ou la banque de France, ou le palais de l'Elysée. Mais il était plus simple de le dire que de le faire. Alors c'est la statue de Thiers ( le massacreur de la Commune) qui fut choisie et à peine écornée par une petite bombe mal fichue. Savez-vous que cette action, en réalité, avait été télécommandée par le préfet de police Louis Andrieux, qui avait infiltré ses flics dans les groupes anars.

Dans le même temps, en Saône-et-Loire, près de Montceau-les-Mines, un mouvement s'était levé pour contester le directeur des mines, un certain Chagot, patron infect qui ne voulait tolérer "aucune manifestation antireligieuse, ni sociale". Une bande ulcérée se répandit dans la campagne, abattit quelques crucifix, envahit quelques maisons bourgeoises et maltraita un notaire.

"L'effet fut désastreux. La révolution ne vint pas et ceux qui avaient un peu de sympathie pour les anarchistes prirent peur. La propagande par le fait n'avait pas de sens sans une organisation bien pensée. Les syndicats furent le levier de cette future action. Les syndicats furent sortis de l'ornière corporatiste ( elle existe encore dans la presse par exemple entre journaliste et ouvrier du livre). Les syndicats furent placés sur la voie du fédéralisme, et ne refusèrent plus la violence dans les conflits sociaux. Et la grande idée de la grève générale devint omniprésente. Elle seule peut susciter de grandes avancées. Bien plus tard c'est elle qui imposa au front populaire des réformes essentielles ! La grève générale a été alors plus efficace qu'un programme politique un peu tiède. On lui doit les congés payés et la semaine de 40 h entre autres...

"Je dis à ceux qui ne sont pas syndiqués : vous avez le droit. Mais soyez cohérents : refusez les congés payés, la durée de travail limitée, acceptez le travail des enfants, etc...

Ah je vous entends couiner d'ici ".

Balthazar ne disait rien et reprit un Duhomard.

Anarchie ? Ah oui (11)
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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 04:03

"Les anarchistes considèrent-ils le suffrage universel comme la meilleure manière d'agir ? Certes non ! Le suffrage universel tel qu'il est pratiqué est une duperie ! C'est une parfaite illusion ! Oh oui, c'est mieux que la dictature pure, mais c'est très loin d'un idéal.

Comment confier son pouvoir pendant plusieurs années à quiconque.

Par exemple : un maire élu ne peut pas être démis de ses fonctions s'il n'a pas commis de délit. Je l'ai vu plusieurs fois. Le voilà contesté dans son conseil municipal, mis en minorité, le budget n'est plus voté ... Le préfet intervient expédie les affaires courantes : salaire du cantonnier, du chauffage de la mairie, des indemnités des élus. Le préfet incite le maire à démissionner, mais si celui-ci ne veut pas, il peut rester ainsi jusqu'à la fin de son mandat. Isolé certes, mais élu !

Donc les anarchistes ne participent à cette mascarade. Ou bien ils votent noir !

Ils ne veulent pas , comme disait Jean Grave, que l'Etat fixe le salaire de l'ouvrier, car accepter cela c'est reconnaître de facto à l'Etat le moyen d'exister ! Il déclarait aussi " avec le suffrage universel vous n'aurez que des moutons de Panurge, des hommes qui ne penseront que par leur député, vous aurez à compter avec tous les ambitieux. Au lieu d'aller bêtement à l'hôtel de ville lors d'une révolution, pour y proclamer un gouvernement, il faut y aller pour fusiller ceux qui tenteraient de s'y établir.

C'est alors qu'en 1876, l'insurrection fut proclamée et plus encore " la propagande par le fait", comme l'appela Paul Brousse.

Anarchie ? Ah oui (10)
Anarchie ? Ah oui (10)
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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 04:02

"Exclus (1872) de la première internationale ( Marx a foutu dehors Bakounine), les anars et leur amis organisèrent leur propre congrès. Il se déroula à Saint-Imier (Suisse) dans la vallée jurassienne de la Suze, On les appela dès lors les Jurassiens. Il y avait du beau monde, des Espagnols, des Italiens, des Suisses, des Américains, d'anciens communards. Le principe fédérateur fut approuvé. Chacun restant absolument libre en se rejoignant sur quelques principes de base : refus de l'autorité et d'un pouvoir centralisateur.

"Aujourd'hui encore j'entends nombre d'amis s'étonner qu'un anarchiste puisse adhérer à une fédération. Une fédération n'est pas un parti. Elle ne donne aucune consigne. Elle propose des orientations à suivre ou non. Il reste qu'un anarchiste ne peut pas être raciste, c'est contre-nature. Pas de raciste à la fédération. C'est ainsi. Vous penserez peut-être que nous empêchons donc l'expression d'une liberté ? C'est votre droit, mais la limite à la tolérance c'est l'intolérable. L'anarchie ce n'est pas n'importe quoi, c'est l'harmonie, je le répète.

Face aux marxises autoritaires et centralisateurs s'opposait dès lors le principe libertaire et fédéraliste. La Commune de Paris pourtant chère au cœur des anarchistes avait créé ce rouage centralisateur - le comité de salut public - qui, déjà en avait agacé plus d'un.

Alors que la démocratie commençait à s'imposer en France d'une façon assez proche de celle que nous connaissons en s'appuyant sur la République, qu'elle allait être la position des anarchistes ? Elle est encore aujourd'hui assez partagée.

Anarchie ? Ah oui (9)
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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 07:44

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 07:14

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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 04:38

Enfant, à la kermesse, j'adorais la pêche aux cadeaux, la prise faite et le papier défait... J'étais toujours déçu et triste.

(Balthazar Forcalquier)

La phrase romanesque
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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 04:36

J'ai toujours perdu aux réussites 

(Balthazar Forcalquier)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans L'aphorisme de la semaine
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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 04:09
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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 04:00

"C'est le peuple qui ordonne vous apprécierez la nuance" poursuivit Louis Grandclerc à l'attention de Balthazar, lequel en était à son quatrième verre de Duhomard ( la boisson de Thouars qui n'a pas de drapeau mais a son apéro).

"Le peuple ! le peuple ! pas le parti !"

"Ah ... d'accord. Je nous resserre un p'tit Duho Loulou?" ( Un peu bourré, et donc plus enclin à la familiarité, Balthazar disait Duho après une certaine dose... pas vous ?)

" Bien que les sujets de discorde étaient nombreux, les anarchistes cohabitèrent avec les socialistes marxistes jusqu'en 1872. Tous aimaient la 1ère internationale fondée en 1866. Emile Faquet, bon bourgeois, écrivait en toute lucidité et parfaite honnêteté " l'anarchie c'est l'homme rendu à lui-même, à ses instincts naturels de sociabilité spontanée et arraché à la sociabilité imposée autoritaire et despotique, à la sociabilité extérieure que gouvernement et lois lui imposent.

"Pourtant Emile Faquet n'était pas anarchiste, loin de là, mais il avait perçu chez eux ce sentiment de pureté qui reste vif encore aujourd'hui.

"Revenons en 1872, au congrès qui se tenait à La Haye, la rupture avec Marx fut consommée. Marx accusé de tendance à la dictature fit expulser Bakounine, grande figure de l'anarchie. Pour faire simple disons que les communistes (qui ont piqué bien des choses aux anarchistes) pensent que le peuple doit effectivement gouverner, mais seulement après avoir été guidé par un gouvernement. Et l'histoire a montré que les communistes jugent que le peuple n'est jamais prêt... Cette fracture n'a jamais été guérie : des soviets exterminés par les bolcheviks, du soulèvement de Kronstadt qui proclamait « Tout le pouvoir aux soviets, pas aux partis » sévèrement réprimé, de Makhno ( anarchiste ukrainien) éliminé par Trotski aux anarchistes de la guerre d'Espagne écrasés par les staliniens, le fossé s'est agrandi considérablement. Anars et cocos sont désormais frères ennemis.

Dans l'international les communistes ont supprimé le 5e couplet 

Les Rois nous saoulaient de fumées. 
Paix entre nous, guerre aux tyrans ! 
Appliquons la grève aux armées, 
Crosse en l’air et rompons les rangs ! 
S’ils s’obstinent, ces cannibales, 
A faire de nous des héros, 
Ils sauront bientôt que nos balles 
Sont pour nos propres généraux.
Anarchie ? Ah oui (8)
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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 13:52

C'est sympa !

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Published by Balthazar Forcalquier - dans En vrac
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