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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 04:30

Episode 13

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Résumé :Tiens, Mouloud est de retour, toujours à la CGT. Sinon la vendange s’annonce belle.

 

 

 


ll y a moins d’un mois, le militant syndicaliste était allé en séminaire, si l’on peut dire pour la CGT, à Kragujevac en Serbie. En se promenant le soir dans les rues de la ville, il fit halte dans un bistro pour déguster une bière locale. Et là, il fut frappé de stupeur : le patron portait une épingle de cravate en tout point semblable à celle d’Hubert Fiaque l’ancien patron de la Fabrex.

_ Ecoute, c’était incroyable, la même, exactement la même ! Avec la même dent de sanglier en guise de décoration.

_ Certes, mais la différence entre une dent de sanglier, et une autre dent de sanglier ne doit pas sauter aux yeux, même pas à ceux d’un gland ! 

_ Mais la dent était séparée en deux, exactement comme celle de Fiaque. Je me souviens qu’il était assez fier de cette curiosité.

_ Ah ?

_ C’était une malformation de la denture sur un vieux mâle qu’il avait plombé dans ses bois de Saint-Varent. Karentec Plouendec voulait même l’acheter à Fiaque qui a refusé  et l’a fait monter en bijou.

_ M’étonne pas !

_ J’ai demandé au barman où il avait eu cette broche. Il ne m’a pas compris, alors je lui ai montré le bijou. Il m’a jeté un regard meurtrier.

_ Sapristi !

De retour à Thouars j’en ai parlé à Legrandu. Il a profité de congés pour aller enquêter en Serbie. Lors de mon affaire (lire le précédent feuilleton  « Mouloud est dans de beaux draps ») il avait noué des contacts avec des flics là-bas. Ils ont sympathisé, je crois même qu’un poulet Serbe est venu en vacances ici chez Legrandu.

_ En vacances à Thouars chez ce vieux garçon ? Ils ont de drôles d’idées ces Serbes. Ils sont à ce point malheureux chez eux ? Et ton séminaire c’était bien ?

_ Ah oui, il avait pour thème : «  comment refuser toute négociation avec un patron ».

_ T’as pas dû apprendre grand-chose.

_ Non, mais le séjour était remboursé par la Fédé.

_ C’est marrant parce que l’avocat Aimery de Prime d’Antignoil à qui les vandales ont bouzillé la Maserati, me disait la même chose. Le Medef organisait aussi un colloque, sur le thème : «  comment refuser une négociation avec une syndicat », mais c’était à Monaco.

_ A Monaco ? Fumiers de patrons !

_ Legrandu revient demain, je l’appelle à la première heure.

Le lendemain l’inspecteur avait retrouvé son bureau miteux.

_ Allô ? Ah Balthazar! La Serbie ? Ah ? tu es au courant. Mais tu ne sais pas le plus beau. Assieds-toi et sers-moi un blanc car ce que j’ai découvert est cocasse. J’arrive.

A SUIVRE …

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 09:45

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Le "Canard Enchaîné" (18 mai) raconte, qu'en Finlande, on creuse le granit pour y déposer les déchets radioactifs qui resteront meurtriers pendant cent mille ans. C'est exactement le projet qu'avait l'ANDRA (Agence Nationale des Déchets Radio Actifs) dans les années 80/90 en Gâtine, près de Parthenay (terre de granit). La tentative a échoué, la population s'est insurgée : la Vendée est toute proche.

L'ANDRA expliquait à l'époque, ce que raconte exactement les techniciens finnois : il faut trouver un symbole qui soit lisible par l'humanité dans cent mille ans. Un symbole qui puisse la dissuader d'aller creuser là.

Rude gageure ! Comment inventer l'impossible ?

Une tête de mort ? Mais dans 100.000 ans cela signifiera peut-être qu'un trésor est enfoui là. Un panneau rouge ? Mais dans 100.000 ans cela signifiera peut-être : ici réserve de nourriture. Une affiche de Duhomard ? Mais dans 100.000 ans il pourrait y avoir une guerre nucléaire pour mettre la main sur une caisse de ce délicieux apéro.

L'ANDRA, à l'époque, n'avait pas donné de réponse à cette insoluble question . Finalement, en Finlande, ils ont décidé de ne mettre aucune sorte d'indication, et de faire oublier qu'il vont mettre là un puissant et abondant poison.

Chut ! C'est effectivement le mot préféré en politique nucléaire.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 04:28

Episode 12

 

poulaga 12


Résumé : Dommage que vous ayez loupé l’épisode, on a appris comment les Bretons sont devenus chrétiens. C’était vachement intéressant.

 

 


Les quinze jours passèrent sous un radieux soleil. Les vandales n’avaient pas fait parler d’eux. Ils s’étaient mis au vert. Comme Karantec allait mieux, Balthazar recommençait à gagner au tric-trac. Au café des arts, il faisait bon sous la treille. A Bouillé-Loretz le raisin était magnifique. Les vignerons les plus audacieux avaient pris le parti d’attendre avant de récolter les raisins, au risque de voir arriver la plus tenace pluie d’automne. Le chenin (magnifique cépage blanc de l’Anjou) prenait des teintes blondes. La peau des baies devenait translucide et laissait apparaître la chair qui semblait palpiter. Là, toute une opération chimique autant que magique, transformait le soleil en sucre. Ce sucre qui deviendrait alcool dans l’alchimie des cuvées. Des taches de rousseurs ravissantes, comme celles qui  piquaient les joues des fillettes espiègles, ornaient de charmante manière les grains de raisin. C’était beau à en pleurer. En revenant justement du vignoble où Balthazar était allé en reportage, le journaliste croisa Mouloud.

_ Hé salut Mouloud ! Tu distribues ton dernier tract ? Donne m’en un. De quoi s’agit-il ?

_ On défend les caissières d’Hyper- Bouffe. Elles sont sous-payées puisqu’elles n’arrivent jamais à dépasser 20 h de boulot par semaine. Et 20 h sectionnées en portions d’une à deux heures. 8 h – 9h, 11h – 13 h, 16h -18 h ! Tu signes la pétition ?

_ Deux fois plutôt qu’une. Qui est ce foutu patron ?

_ Jérôme Mâchecouille, l’un des pires, du Thouarsais. Tu ne le connais pas, il vient d’arriver. Avant,  il était cadre à France Télécoms. Il a quitté quand les règles se sont assouplies. Il n’a pas aimé. Mais tu ne vas pas tarder à l’interviouver, parce qu’on va te lui foutre une grève de longue durée. Au fait, je ne t’ai jamais remercié pour ton aide quand j’étais dans de beaux draps (lire le feuilleton précédent « Mouloud est dans de beaux draps »). Je vais te filer un tuyau. Legrandu. L’inspecteur. Il enquête à l’étranger.

_ Oui je sais, mais j’ignore où et pourquoi.

_ Il s’intéresse à la mort de mon ancien patron Hubert Fiaque, le PDG de la Fabrex.  

_ Fiaque ? Mais il a pris une chevrotine en pleine poire un jour de battue aux sangliers. Accident de chasse.

_ ça c’est la version officielle, écoute plutôt. Tout a commencé il y a trois semaines.

Mouloud raconta à Balthazar une bien étrange histoire.

A SUIVRE…

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 10:20

La poésie est la littérature de l'urgence. On raconte que, dans le ghetto de Varsovie, les gens ne lisaient que cela. Il aurait été absurde d'entamer un gros roman alors que, le lendemain, des trains allaient les emporter.

Les déportés aussi en ont usé, de poèsie.

Un spectacle, rugueux dans sa forme, a été donné hier sur la scène du théâtre de Thouars. Deux comédiens ont dit 28 poèmes écrits par ceux qui ont dit l'indiscible. Pas de décor, pas de musique, rien que le Verbe, fulgurant, hérissé d'épines, et porté par une bouleversante humanité.

"Je suis un bouquet d'ortie sous vos pieds".

"Il faut réapprendre à dormir".

"Il n'existe qu'un seul mot pour épouvante."

Dans le sac des cheveux de femmes coupés : la natte blonde d'une fillette avec son ruban qui, naguère, " était tirée dans les écoles par des garçons polissons".

C'était la dernière fois que les deux comédiens "jouaient" ce "spectacle" qui tourne depuis quatre ans en France. Certes les mots de "jeu" et de "spectacle" semblent bizarres en  l'occurrence, mais c'est bien cette singularité qui illumine le message final : c'est la vie qui a gagné.


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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 04:20

Episode 11

poulaga 11

Résumé : Heu… J’ai picolé hier, j’m’souviens de rien. Excusez.

 

 

 

 

 

 

Karantec était dans un embarras visible. Il était rare de le voir dans un tel état, lui qui, d’ordinaire, arrachait les dents en chantant à tue-tête

“Tri martolod yaouank... la la la...Tri martolod yaouank i vonet da veajiñ (bis)”E vonet da veajiñ, gê! E vonet da veajiñ (bis) Gant 'n avel bet kaset... la la la... » Et cela juste pour couvrir les hurlements de celui qui, sous les pinces et le drapeau breton tendu au plafond, tentait de retenir ses molaires. Pour retrouver chez Karantec un semblable sentiment de gêne , il fallait remonter loin. Balthazar se souvint qu’un lendemain d’élection victorieuse, Karantec aux anges, et avec 3 g, sur les coups de 4 h du matin, avait pissé dans la boîte aux lettres de Josiane Birdat. Evidemment elle l’avait vu et avait raconté la scandaleuse ( pittoresque pour les autres) aventure à tous les commerçants de la rue Saint-Médard. Heureusement pour Karantec, ils n’étaient à cette époque déjà pas très nombreux. Il n’empêche. Confus Karantec s’excusa et promis d’être, désormais, un client fidèle de Josiane. Comme il était Breton, il était têtu et il tint parole. La fidélité bretonne est un caractère qui remonte à très  loin, au temps de la grande famine, quand les Bretons faisaient bouillir de l’eau et y mettaient un morceau de granit pour donner du goût à cette soupe claire. Ils se dirent alors que si la prochaine récolte de crêpes était bonne, ils croiraient en Dieu pour toujours et pendraient leurs druides. Les greniers à crêpes furent remplis à ras-bord. C’est là l’origine des pèlerinages qui font le succès de cette riante contrée.

Personne n’est obligé de me croire.

Donc Karantec devait dire quelque chose à Balthazar. Il devait lui dire pourquoi il était furieux et pourquoi ni lui, ni Balthazar ne pourrait rien dire ensuite.

_   Le portrait robot du vandale. Eh bien c’est Goulwenig, mon neveu.

Son père est le très catholique chirurgien de la clinique Saint-Bubon dans la Vendée voisine . S’il l’apprend il ne s’en remettra pas. Déjà qu’il porte sous sa cravate un silice, une bande rugueuse qui fait le tour du torse. Du crin épais qui pique. Et chaque vendredi il s’auto-flagelle. 

_ Au moins il n’est pas franc-maçon ! considéra Balthazar. Mais c’est dingue, les Chinois sont 1,34 milliard d’habitants, vous les Bretons, vous êtes à peine plus de 3 millions, et vous êtes partout. Mais compte sur moi, motus ! Je ne suis pas informateur de la police. De toute façon le seul flic pour lequel j’ai un peu d’amitié, c’est Legrandu. Alors à mon tour de te demander le secret.

_ Juré sur  saint Tugdual évêque de Tréguier !

_ Legrandu est parti mener une enquête à l’étranger.

_ S’il y cherche mon neveu il est mal barré, il ferait mieux d’aller sonner à la porte de l’école privée Sainte-Monique. Il vient d’y redoubler sa terminale.

_ Non, c’est beaucoup plus grave, mais je n’en sais pas plus. Il doit revenir dans une quinzaine. On saura alors.

A SUIVRE…

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 10:05

Le nettoyage de l'ancien dépôt de munition de Thouars apporte sans cesse son lot de surprises. Y a des obus partout. Même dans les dalles de béton et dans les fondations!

Dans la NR du 19 mai la sous-préfète du  nord Deux-Sèvres explique :  « L'enveloppe est passée de 6 à 9 millions d'euros, sans compter les indemnisations pour les pertes d'exploitations à venir ( car il faudra rembourser les boutiques voisines pénalisées par le chantier). Malgré cela, l'État assume : il veut terminer le chantier, quitte à en bloquer d'autres du Ministère de la Défense ».

Tous ces explosifs ont naguère coûté des paquets d'oseille, et ils continuent de coûter bonbon. Avec les militaires on n'est jamais déçu !

 

 

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 04:11

Episode 10

poulaga 10

Résumé : Mine de rien avec son air bête et sa vue pas si basse, Josiane Birdat est une sacrée farceuse.

 

BACH

 

 

 

Justement c’était l’heure du blanc quand Karantec Plouendec, arracheur de dents breton, poussa d’un méchant coup de pied la porte de la rédaction du « Courrier de la République ».

Je sais on a déjà lu exactement la même phrase dans l’épisode 3. Et alors ? Combien de fois avez-vous vu la « Grande Vadrouille» à la télé sans couiner ? Venez pas me chercher des poux dans la tête. C’est pas le moment. Quand, dans la vie, on bouffe des hamburgers en buvant du 1947, excusez moi c’est autrement plus grave.

Karantec s’effondra donc sur la chaise, son journal à la main.

_ «  C’est une catastrophe ! Le gamin du portrait robot… » 

_ « Celui qui a agressé Josiane Birdat ? Eh bien ? »

_ « Je le connais. »

_ « Ah ! Tant mieux ! On va lui apprendre la vie à ce fumier. J’ai deux potes yougoslaves, ça date de mon temps dans les paras. On va lui apprendre à saccager nos fines bouteilles. Parce que je te rappelle que dans ta cave qui file jusque sous l’église Saint-Médard, il y avait aussi mes bouteilles de garde achetées hors taxe, et qui, de ce fait n’apparaissent pas dans le préjudice. Bon, on ne va pas lui casser les deux rotules à coups de masse, mais on va lui arracher quelques poils de barbe et lui foutre quelques mandales dans sa petite gueule de vandale. Pourtant tu me connais, je ne suis pas violent. Mais avoue qu’il a dépassé les bornes. Après on pissera dans sa canette de soda et on lui fera boire. ÔÔÔ là-là, fais pas cette tête de bigote ! On en a tous bu de la pisse chez les paras de la Coloniale, dans le rouge ou le café. On survit. Tiens si ça peut te rassurer : sur le radeau de la Méduse, les naufragés buvaient leur urine. Ils avaient même remarqué que l’urine de femme est un peu plus sucrée. C’est pas une question du super-banco mais c’est authentique !»

Le lecteur fidèle du blog se dit que, dans ce feuilleton, on aura décidemment abordé les rives les plus triviales de l’humanité. Mais il n’est pas arrivé au bout ! L’âme peut être plus noire encore.

_ « Non,non, tu ne vas rien faire. Et moi non plus. »

_ « Pourquoi ? »

_ «  Je vais te le dire. »

A SUIVRE …

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 04:33

 poulaga 9

Episode 9

Résumé : On a parlé de trous noirs, c’était assez pointu techniquement parlant.

 

 

 

 

 

 

_ « Au secours ! Aux vandales ! » glapissait Josiane Birdat commerçante rue Saint-Médard.

Karantec et Balthazar se précipitèrent et la trouvèrent le cul par-dessus tête.

_ « Je viens d’être bousculée par trois jeunes. Comme je rentrais chez moi. Regardez la serrure du magasin a été forcée. »

Effectivement la boutique avait subi un assaut. Les pots de peinture étaient ouverts et jetés à bas, les paquets de lessive répandus au sol, les papiers peints déroulés en gigantesques serpentins. Et, dans la caisse : la vulgaire signature des voyous.

La description que Josiane donna de ses agresseurs était très précise. En bonne boutiquière qui se méfie toujours d’un éventuel voleur à l’étalage, elle avait l’œil exercé par vingt-cinq années de commerce de détail.

Le commissaire ne se déplaça pas, mais Legrandu vint recueillir sa déclaration.

Des portraits robots furent établis. Le premier qui ressemblait au maire comme deux gouttes d’eau, et le second, qui était le portrait craché du commissaire en plus jeune, furent jetés au panier. D’ailleurs Josiane reconnut plus tard qu’elle n’avait vu avec précision qu’un seul des vandales, et qu’elle avait, par jeu, donné de fausses indications pour les deux autres. Elle avait ainsi guidé la main du dessinateur pour que, justement, les visages du maire et du commissaire apparaissent. Seuls ceux qui avaient le sens de l’humour savourèrent l’innocent canular. Balthazar raconta la pittoresque aventure dans son impertinente rubrique baptisée « le chien ».

Le troisième homme, un blondinet, n’était pas fiché.

Legrandu demanda donc à Balthazar de publier le portrait.

Le lendemain, en  ouvrant son journal, Karantec, qui ne pipait mot depuis plusieurs jours, hurla hors de lui:

«  Ah, lousken ! lousken ! lousken ! » (« salauds, les salauds, les salauds ! »)

 A croire qu’il ne savait rien dire d’autre en Breton. Karantec  était décomposé.

A SUIVRE …

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 04:24

 poulaga 8

Episode 8

Résumé : Evidemment toute cette affaire sent mauvais

 

 

 

 

 

 

Derrière mon verre, je t’observe lecteur inconnu. Et tu te dis : avec cette lamentable histoire de « signature », Balthazar ne fait pas dans la finesse quand même. C’est vrai, mais les faits sont les faits. Je n’y puis rien.

Je ne suis pas l’un des vandales et leurs mauvaises manières ne sont pas les miennes ; du moins je n’ai pas les leurs. Nuance !

Et puis, lecteur inconnu (et sobre, en plus, si ça se trouve) tu vas voir, au fil de cette aventure que, vraiment, l’espèce humaine est parfois bien plus répugnante, bien plus infecte que la belle nature. Et que ces fatales ténèbres illuminent les âmes plus perverses. Oui, je sais les ténèbres ne peuvent rien illuminer. Et bien si ! C’est même ainsi qu’on peut détecter les trous noirs. Justement parce qu’ils attirent la lumière. D’une certaine manière ils s’illuminent. Le monde est étrange, je l’avoue.

En attendant, Karantec restait inconsolable. Chaque soir, au café des Arts, Balthazar faisait exprès de perdre au tric trac. Mais ces victoires mal acquises laissaient Karantec indifférent. Signe d’une profonde mélancolie. La dépression s’installa quand on trouva dans le jardin public  (qui n’avait ni pelouse ni parterres fleuris mais seulement un immense boulodrome en terre battue) quand on trouva une dizaine de bouteilles vides provenant de la cave du Breton, et autant de canettes de soda également vides.

_ « Putain Balthazar, ils boivent mon vin avec du soda ! »

_ « C’est dingue. Même à Bressuire ils n’oseraient pas. Procédons par élimination. Ce ne sont pas des musulmans. Ce ne sont pas des extraterrestres, vu qu’on n’en a jamais vu. Ce ne sont pas des gens de Parthenay parce qu’avec le brouillard qu’ils ont en ce moment on ne trouve même pas la sortie de ville. Peut-être des Niortais puisqu’ils sont incertains. Ah… Oui… Des Niortais : à moitié vin à moitié soda. »

_ « Arrête tes conneries » dit Karantec qui avait quand même décroché un triste sourire.

C’est alors que, du fond de la rue Saint-Médard, s’éleva un cri :

_ « Au secours ! Aux vandales ! »

A SUIVRE …

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Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 04:49

Un moustique végétarien

ne fait pas

de vieux os

                                     (Balthazar Forcalquier)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans L'aphorisme de la semaine
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