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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 07:42

 

 

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Résumé : la grève des résuméistes se poursuit. Un grand calicot a été accroché sur la façade des éditions Sapristi : "nous ne sommes pas des esclaves! Patron démission".

 

 

 

 

 Legrandu et Balthazar reconnurent tout de suite le visage sans yeux du macchabé.

_ Meeeeeerde ! C’est Clovis !

Clovis  était le flamboyant clochard de Thouars. Pas un SDF, un clodo, un vrai, libertaire, présent à toutes les manifs, bourré à 6 h du matin et toujours recuit à 20 h. Toujours entre deux vins (ceux de la communauté européenne car il n’avait pas les moyens de s’offrir du Nicolas Reau) même s’il n’en manquait jamais vu qu’il faisait les vendanges chez ce sublime vigneron, et qu’il avait verre ouvert le vendredi  matin dans les chais de « Pompois ». Il refusait de travailler depuis que son patron l’avait arnaqué, il y avait 30 ans de cela. Clovis avait fait des heures sup’. Il réclama son dû. Son patron lui rigola au nez. Clovis  décida alors que cette vie de labeur et d’esclave était achevée. Il s’installa dans une masure en bordure de la prairie des Ursulines et vécut là sa vie calme et paresseuse. Pauvre comme Job, heureux comme un pape. Tout le monde l’aimait bien. Il était d’une honnêteté scrupuleuse. Un jour, en fouillant une poubelle, il trouva  1.000 F dans une boite à chaussures. Comme c’était la poubelle de Josiane Bridat, il rendit à la commerçante sa caisse jetée par inadvertance. Josiane fut ravie, et pour remercier  le clochard, elle lui offrit 200 F. Pendant une semaine plus personne ne vit notre bon Clovis. Même la police s’en  émut. Aurait-il été occis par un chemineau de passage ? Un flic le retrouva finalement à l’auberge du moulin bleu où il passait la semaine sans quitter son lit ni éteindre la télé. Il dépensa ainsi sa récompense jusqu’au dernier centime. Henri Mistrat l’hôtelier vint alors le trouver, un peu navré : « ça y est t’as bouffé ton crédit mon bon Clovis ». « Tant mieux » répliqua son hôte «  la télé j’en ai soupé, c’est d’un con ! »

Pauvre vieux bonhomme, la télé, il n’avait plus ses yeux pour la voir, et en plus il était mort.

_ Il a été tué d’un coup de lame dans le cœur. Constata encore  le flic en montrant la plaie à Balthazar.

_ Mais ce type était la douceur même. Qui pouvait bien lui en vouloir ?

_ Avec toute cette neige qui est tombée, les traces ont été effacées. Mais ce qui est sûr c’est qu’il a été tué là, regarde-moi tout ce sang gelé sous le corps.

 

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Ce n'est pas cette rue que Balthazar avait emprunté, il avait préférer prendre la rue de l'abreuvoir pour se rendre sur les lieux du drame.


Alors que le service municipal des pompes funèbres emportait le corps, et que Ludivine avait rejoint la voiture en titubant, Legrandu  leva ses yeux tristes sur Balthazar :

_ Elle est mignonne ta remplaçante.

Tu n’as pas de nouvelles de Mathilde ? (Mathilde la femme de l’ancien commissaire, voir Panique à la maison Poulaga)

_ Je n’en ai jamais eu... Il resta longtemps silencieux et ajouta. Bon, tu en sais autant que moi pour l’instant.

 

A SUIVRE...

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Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
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