Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 03:39

6090287722_1f337bd857.jpg

 

 

 

 

VIII

Tout cela était bien fini, puisque nous avions pris la route Amogh et moi, mystérieusement indemnes.

La mâchoire des chevaux allaient d'une touffe à l'autre et broyaient les tiges avec ce remuement si doux qu'ont les animaux quand ils mangent, très sérieux et très absorbés par cette tâche. Alors que nous, nous mastiquions souvent sans plaisir, pas pure nécessité, debout souvent, sans plaisir, les yeux dans le vague, sans plaisir, avec une envie impérieuse d'en finir très vite. Il arrivait pourtant que nous croquions de savoureux coperins chevelus ou même des truffes trahies dans la profondeur de leur cache par le vol mystérieux de ces mouches que l'on ne voit qu'en hiver et qui, justement, rôdent autour du champignon enfoui là. Sous leurs incessantes volutes dort le délicieux tubercule. Il suffisait d'observer leur ronde de derviches tourneurs et de creuser exactement à l'aplomb de leurs spirales répétitives. Je fouillais avec mon poignard. Je sortais la truffe et la montrais à  Amogh qui, toujours en selle, découvrait dans un immense sourire sa denture de carnassier. Il adorait la truffe. Et il faisait la grimace lorsqu'il s'agissait d'avaler une soupe de campanule raiponce ou un brouet de berce spondyle.

(A SUIVRE)

Partager cet article

Repost 0
Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Les archives de Sapristi Balthazar sur l'ancien blog (over-blog)
  • : Allez sur http://sapristi-balthazar.blogspot.fr/
  • Contact