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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 03:49

 

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VII

En ce temps qui était le notre désormais, les femmes allaient toujours par deux. Elles étaient toujours armées de longues piques et de très longs rasoirs. Comme nous, elles évitaient les bourgs désertés depuis des lustres, et arpentaient cette terre nue.

C'est elles qui choisissaient le moment.

 

Nous avons déchargé nos chevaux. Ils ont commencé à brouter des consoudes qui poussaient dans un repli mouillé. Je veillais à ce qu'ils n'en abusent pas, ils devaient avant tout se reposer et ne pas abuser de ce délicieux fourrage . J'avais vu tout à l'heure, sur une replat, des brassées de coquioles ( folle avoine), et j'allais les y conduire. Le soleil déclinait, et une obscurité d'un bleu profond et amical se lovait dans les combes. D'énormes nuages gris et noirs paressaient dans un ciel rose tendre. Il fut bon de s'asseoir là et de n'être plus qu'un morceau de cette énorme chose qu'était devenu le monde.

J'avais bien quelques souvenirs qui tentaient de s'infiltrer dans ma pensée comme un vent mauvais. Mais je repoussais ces vieilles images qui m'auraient « tordu le cœur » si j'avais fait preuve de faiblesse. 

(A SUIVRE)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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