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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 03:48

 

20120901 1038

 

IV

 

 

 

Après avoir grimpé une sente herbeuse et mouillée, pendant plusieurs heures nous longions désormais une forêt d'un vert noir. La lumière la traversait en longs rubans penchés. Elle taillait des tranches blondes dans le ténébreux sous-bois. J'observais et ne savais s'il fallait s'inquiéter ou jouir du spectacle. Car il n'allait pas durer, il ferait bientôt nuit. Les moucherons dansaient en volutes denses, ivres de ces dernières jouissances chaudes. Demain ils seraient morts. Et nous ? Les drosophiles ces « amateurs de rosée au ventre noir » les accompagnaient avec grâce dans leur ballet.

Les pins étaient gigantesques et, sous leurs ramures, des troncs abattus par d'anciennes tempêtes, matelassés de mousse, pourrissaient en dégageant de puissants parfums sauvages. Je savais que cette odeur était la nôtre. Les animaux, trompés par ce fumet, nous laissaient approcher et, parfois, leur confiance était leur sacrifice. Nous savions cela aussi. 

 

Amogh quand il ne piégeait pas, usait d'un arc raide taillé au couteau dans un cœur d'if. Une corde en boyau de chat était enroulée au repos le long de ce long bois rouge. Pour la tendre il fallait une force formidable. Mais Amogh, sans un souffle, tirait sur le câble rêche. Aucune crispation sur le visage ne traduisait l'effort pourtant considérable que son corps accomplissait. La pointe à barbelures forgée pour trancher les artères et provoquer l'hémorragie de la bête, ne tremblait pas. Dans un soupir la corde se détendait et la flèche frappait dans le thorax coupant net les tendons et les chairs. 

(A SUIVRE LUNDI)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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