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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 03:10

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  • XIV

    Nous évitions les ville lointaines dans les vallées, ténébreuses,   totalement, quand le soleil déclinait. Et nous passions au large  quand, soudain, au détour d'une courbe la route débouchait sur les restes d'un village, toujours désert. Nous savions, mais comment et pourquoi, que ces zones étaient funestes. 

    Il nous était arrivé d'une façon bien curieuse de trouver, dans des tonneaux, des livres entiers figés dans la graisse d'oie. Avant nous, d'autres hommes, avaient pris soin de les cacher ainsi.

    Amogh ne savait plus lire, mais moi...si. Enfin, je lisais mais ne déchiffrais pas tout. Je savais par un canal très ancien, reconnaître les plantes.Qui étais-je avant ? Et qui était Amogh, mon ami de toujours ? Car je savais confusément, que, dans l'autre monde, nous étions déjà si proches. Si intimement liés.

    Comment savoir ce qui nous était arrivé, puisque nos mémoires défaillaient ? Nous savions seulement qu'il fallait se tenir éloigné des hommes, et que les femmes ne présentaient aucune menace. Rien de plus. Y penser était pour nous une torture si intense que nous avions pris l'habitude d'écarter d'emblée cette considération, à l'image des bêtes qui, d'instinct, flairent la fosse hérissée de pics, dans le sentier, devant elles. Elles font alors un détour. Ou demi-tour. Nous mêmes lorsque le sommeil tardait à venir et que notre imagination accomplissait sa funeste besogne, il nous arrivait – au début – de nous plonger dans cet abîme : l'autre monde, ou tout au moins ce que notre chair conservait de lui dans ses replis intimes. 

    (A Suivre)

 

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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