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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 03:49

 

 

20120901 1023 copie

 
 

I

 

Le monde que nous connaissions jadis avait changé. Nous avions parfois de fulgurants souvenirs qui nous faisaient atrocement souffrir.

 

Devant moi la silhouette svelte de Amogh dansait en rythme avec la résonance du métal. Sa hache, nouée au pommeau de sa selle avec un lien en cuir de cerf, frappait au trot de son cheval. Depuis des semaines nous allions plein ouest, sans chercher, absolument, les restes de l'ancienne route. Son pavage, souvent parfait et lisse, plongeait dans les profondeurs de la mousse et se perdait dans d'impénétrables halliers hardiment défendus par des fouets de ronces. On ne pouvait y progresser à plus de deux mètres. C'est là que les frelons mâchaient leur nid. Le soliloque des sabots de nos montures, soudain, s'apaisaient. Et le choc si régulier de leur corne sur le granit , si rassurant, si humain d'une certaine manière, s'estompait pour devenir une sorte de pulsation très douce, où le souffle brutal des naseaux apportaient un bourdon de basse continue. Alors le fil de nos pensées, comme notre chemin, prenait des détours inattendus.

 

Parfois, après plusieurs jours de chevauchée, nous retrouvions une portion de la voie, impeccable et luisante sous la pluie. Comme neuve. On ne savait pas quand et par qui elle avait été construite. Elle filait souvent droit sans souci des abruptes pentes. Parfois on distinguait les profondes cicatrices laissés par des charrois très anciens. L'eau y stagnait. Les moustiques et les grenouilles y dormaient dans de minuscules épaisseurs odoriférantes de feuilles noires en décomposition.

(A SUIVRE)

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Published by Balthazar Forcalquier - dans RECITS
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