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13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 04:42

 

calibres 39

 

 

Résumé :Le brouillard se lève un peu sur la nuit mais quand même il pleut encore. Si l'on peut dire. Ce qui ne veut d'ailleurs pas dire grand chose. Logique : tout est mystérieux dans cette histoire.
La vue du salon était bucolique et gracieuse, une grande baie vitrée ouvrait sur le Thouet, la rivière qui baigne Thouars autant que le Duhomard baigne le gosier des Thouarsais. Jamais à sec. En face, le château et l'orangerie de Marguerite d'Ecosse devenu collège public sous une municipalité de gauche, était beau comme la Renaissance.
_ D'ici on voit bien le feu d'artifice du 14 juillet, dit le neveu.
_ Ah ? Mais vous devez être envahi par les badauds ?
_ Ben oui, mais c'est le 14 juillet, pas de privilège ce jour-là.
_ Ah c'est beau ce que vous dites.
_ Excusez moi d'interrompre cette aimable discussion mais il nous reste deux ou trois choses à éclaircir. Pourquoi quatre douilles dans le fond du caisson où se trouve la carabine ? Pourquoi une blessure relativement légère compte-tenu du calibre de l'arme ?
_ Ben oui pourquoi ?
_ Hé bien parce qu'il a d'abord fallu que Charles Grosbois soit parfaitement positionné pour recevoir sa propre balle dans l'épaule où il savait que la blessure ne serait pas gravissime. C'était audacieux mais cela valait bien un coquet héritage. Pour cela il s'est mis à quelques pas du canon, à l'oeil il a estimé la trajectoire, il a présenté une feuille de papier clouée à un manche posé au sol ou tout autre repère du même genre. Premier coup, trop haut ou trop bas, voilà une deuxième douille – après celle d'Angeline – dans le trou. Nouvel essai. Troisième douille. L'impact est parfait. Il se met à la place de la cible et reçoit la quatrième balle qui fournit le quatrième étui. Juste avant, pour chaque tir, la carabine est restée en position. Avant le quatrième et dernier Charles Grosbois a armé le ressort pour que le fusil disparaisse dans sa cache et fasse tomber sur lui le couvercle de tôle avec son propre recul. Il s'est mis à la bonne place, a déclenché la télécommande, a reçu l'impact, la carabine a disparu. Sur place personne n'a fait attention à cette plaque de tôle sur un chantier ordinaire. Il ne restait plus qu'attendre le passage des bulldozers pour recouvrir la pièce à conviction. Les engins avaient certainement été commandés pour le lendemain. Le secret était bien caché sous une bonne couche de terre.
_ Sapristi ! Mais c'est bien sûr !
_ Vous avez une idée ?
_ Non, mais je souviens à présent que Charles Grosbois sur son lit d'hôpital s'inquiétait de savoir justement si le terrassement avait été fait. ( note de l'auteur qui est bien placé pour le savoir : c'est vrai, il suffit d'aller voir l'épisode 24, Charles Grosbois a dit : « nous faisons construire une maison sur le coteau, en face du château de Thouars. Le terrassement devait s'effectuer dans la semaine et nous sommes allés voir le chantier. D'ailleurs savez-vous si les bulldozers ont pu niveler le sol ? » ) 
_ Cette question m'a semblé déplacée à l'époque, mais je comprends l'intérêt de Grosbois. Il avait bien manigancé son affaire et seul ce détail pouvait nuire à son scénario. Ah la fripouille. Reste un mystère : comment la moitié de son épaule n'a pas été arrachée par l'impact d'un arme si puissante.

 

_ J'ai bien une idée, mais je pense que pour cela la police sera plus efficace. Charles Grosbois était habile, n'était-il pas membre d'un club de tir ?
A SUIVRE...

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Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
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