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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 04:24

 

 

 calibres 33

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Résumé : Personne n'a oublié Carlota, mais seul Balthazar sait qui elle fut.
Les cendres refroidies, le temps passa à sa manière sans faire de bruit, on ne sut jamais rien de plus sur cette douloureuse affaire. A la place de l'immeuble la municipalité aménagea un parking.
Une fois par an, à la date anniversaire de l'incendie, discrètement, Balthazar allait déposer dans un coin du parking masqué par un troène poussièreux, un petit pot de cactus. C'était son hommage secret à Carlota, celle qu'il avait admirée et qu'il aurait peut-être pu aimer, sentiment si étrange, troublant et nouveau pour lui. Il se recueillait quelques minutes. Il pensait à cette fille si courageuse, si déterminée qui n'ignorait rien de sa destinée. Le lendemain de sa disparition il ne se passa rien dans les usines . Pas une manif de soutien, rien. Pas un mot des syndicats. Puis les semaines passant les patrons furent rassurés. On n'avait pas vraiment trouvé de corps dans les décombres mais les exécutions avaient cessé. Alors le naturel reprit le dessus, et les lettres recommandées furent de nouveau envoyées. Les licenciements se succèdèrent. Parfois au coin d'un zinc un type fraîchement chômeur remâchait sa rancoeur :
_ Dommage qu'elle ne soit plus là.
Le patron du bistro : _ qui ?
_ Ben l'autre là, celle qui flinguait les patrons...
_ Ah j'sais plus comment elle s'appelait
_ Moi non plus...
Il y avait de quoi chialer !
Souvent le commissaire qui picolait de plus en plus et qui avait la larme facile se mettait à sangloter et comme il avait un peu perdu de sa superbe - la vie Thouarsaise peut esquinter l'âme si l'on est enclin à la mélancolie – il avait changé son vocabulaire. Son veston était désormais toujours un peu crasseux. Ses cheveux poussaient. Peut-être un jour deviendrait-il anarchiste. Parfois même il ne mettait pas de cravate !
_ Meeerdaille ! Un truc me bouffe la couenne pourquoille Carlota refusait d'admettre l'exécution d'Angeline Grosbois. Pourquoille ? Pourquoille ?
_ Mystère ! Un de plus ! Ne vous mettez pas dans des états pareils commissaire, on va encore être obligés d'appeler les gendarmes pour vous ramener chez vous, disait Balthazar. Ils commencent à se plaindre.
_ J'encule les fauvettes à tête noire !
_ Ho calmos Jérôme, ce n'est pas grave, je te ramènerai moi, disait Karantec, car désormais on appelait le commissaire par son prénom.
Ce mystère taraudait aussi Balthazar. Pourquoi ne pas revendiquer aussi la mort d'Angeline. D'ailleurs qu'était devenu son mari depuis ? Encore un mystère... Mais celui-ci fut fortuitement éclairci, et d'exotique manière.
A SUIVRE...

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Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
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