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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 06:19

 

calibres 17

 

 
Résumé: Balthazar doit entrer, secètement en contact avec Carlota Machete. Le hasard va s'en occuper vu que le hasard est le meilleur ami de l'homme après le chien... et le Duhomard.


Le climat social dans les entreprises du coin était au beau fixe, les contremaîtres étaient charmants et les patrons venaient même saluer les salariés le matin à l'embauche :
_ Hé bonjour Monique, alors le petit ? Elle est finie sa grippe ? Si tu as besoin d'une matinée, tu n'hésites pas, tu le dis... si, si, cela me fait plaisir.
Il y eut fort peu de monde aux obsèques d' Ismaël Avanavissius et de Xavier Rote. L'histoire récente avait prouvé que la fréquentation des églises pouvait être mortellement redoutable.
Un guitariste local composa même une chanson en hommage à Carlota Machete. Le refrain disait
«  Carlota a sa façon
et sans façon
libère les prolos et, avec son calibre,
Carlota reconstitue les équilibres »
Y avait pas à dire la rime était riche.
Voilà qui rappela à Balthazar une bien vieille histoire, celle de René Hobo.
René, fils d'une Résistante déportée et pendue à Buchenwald, était un vieil anarchiste qui vivait dans le village noir ( le bien nommé), le quartier de la gare. Il était mort depuis longtemps. Balthazar avait d'abord sympathisé avec lui, parce que ce René là avait été parachutiste. En Algérie il avait refusé de manier la « gégéne » et avait fini dans un fin fond de douar, oublié, le cheveu long sous le béret rouge. Il participait toujours aux cérémonies patriotiques, mais sans se mêler au vin d'honneur. Il filait en douce, la dernière gerbe tombée, en essuyant une larme. Plus tard il expliqua à Balthazar ( qui lui aussi avait été para) qu'il avait ainsi une pensée pour tous les égorgés, ceux qui avaient péri sous le couteau des Fellagas, mais aussi sous les lames de l'armée française. Il donna ainsi à Balthazar l'émouvant petit livre de Benoist Rey « les égorgeurs » (éditions Libertaires). Livre qui fut interdit dès sa sortie, mais on peut le trouver désormais aisément. René était un chic type, plein de cicatrices et de défauts. Il chantait lui aussi une chanson, mais à sa façon :
« Carlota on t'appelle
la rebelle
Carlota de Cuba
Carlota de Cuba ».

 

Dans l'un de ses articles Balthazar évoqua cette ballade et précisa : « René était un homme digne, c'était mon ami. » Le directeur départemental parti en week-end dans sa maison de l'ile de Ré laissa passer. Et personne n'y fit vraiment attention, personne, si ce n'est Carlota Machete à qui ce message était, de nouveau, secrètement destiné.
A SUIVRE...

 

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Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
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