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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 03:18

 

calibres 15

 

 

 

Résumé: Carlota couine. Balthazar est comme un con et tente une conciliation. Mais voilà que ça recommence.
Dans la foule massée sur le parvis de l'église Saint-Médard, on ne remarqua pas tout de suite ce qu'il venait de se passer. Un type en costume sombre plia les genoux. On pensa qu'il était ému et qu'il priait la dépouille de Michel Crapute. Puis ses mains touchèrent le sol. On pensa qu'il en faisait un peu trop. Puis il roula, la gueule ouverte et pleine de sang. Il venait se prendre une bastos en pleine gueule. Son visage était net mais inexpressif. Il avait un tout petit trou sur le front, deux fois rien. Mais bien assez pour aller dans l'autre monde Balthazar qui était en face n'avait pas besoin de le reconnaître, il le connaissait.
C'était Ismaël Avanavissius, patron de la MNT ( Manufacture Nouvelle de Thouars) qui fabriquait des joints de culasse en gros, et qui venait, pour satisfaire ses actionnaires, de licencier un tiers de son personnel, essentiellement des femmes non qualifiées qui, après deux ans de chômage, pouvaient espérer un maigre RSA et les restos du cœur. Bref, pour faire simple, un PDG arrogant et – on l'aura deviné – fort libéral.
Deux secondes plus tard, à nouveau le claquement d'un coup de fouet. Deux mètres plus loin, le big boss de la big grande surface de la big ville voisine, entama une génuflexion un peu lourde vu que le gaillard pesait 150 km. Il coula sur le sol comme un sac mou (j'allais écrire comme un sac empli de vomi, mais non, cela ne s'écrit pas). Celui-là ne verrait pas la fin de la grève que les caissières avaient entamé la veille pour refuser les horaires nouvellement mis en place. Soit :9 h/ 11 h 15 – 13 h 45 / 15 h 45– 17h30/19 h – et les jours de nocturne 20 h/22 h. Voilà qui empêchait de rentrer à la maison et d'aimer sa famille. Et voilà qui était loin de faire 8 h par jour. Les salaires étaient donc faibles et les journées hors de la maison étaient bien longues. Sans parler d'un projet d'ouverture dominicale.
L'émotion fut d'autant plus grande qu'un message arriva à la rédaction. Il fut publié le lendemain, et la veille, à 23 h 48, Balthazar avisa le commissaire :
_ Ne soyez pas surpris, de ce que vous allez lire demain, je vous l'annonce en avant première, voici ce que nous avons reçu :
« l'action continue. Un patron licencieur vient de payer sa dette à la société. Un autre qui martyrise de pauvres mères de famille aussi. Ce n'est que justice. Cette justice est en marche. La liste des fripouilles est encore trop longue. Signé : Carlota Machete. »
Balthazar en dévoilant ce qui allait être public le lendemain, ne se compromettait pas trop et jouait le jeu de l'échange aimable d'info qui ne tire pas à conséquence.
_ Gardez le billet ! Nous allons l'analyser ! Répondit le commissaire.
_ Ah mais ce n'est pas un billet, c'est un message internet qui vient d'un pays étranger...
_ Merdaille !
_ Commissaire je vous en prie.
_ Excusez-moi.
_ Disons que j'ai seulement entendu « sapristi ».

 

Bizarrement dans les jours qui suivirent les patrons du coin suspendirent leur plan de licenciement et l'on en vit même qui remplaçaient les vitres cassées des ateliers. La justice brutale avait, quand même, quelques vertus.
A SUIVRE...

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Published by Balthazar Forcalquier - dans LE FEUILLETON
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