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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 05:05
Sans rime ni raison

Chères lectrices, chers lecteurs le blog estival sera irrégulier, inconstant, décousu, il passera par ici, il passera par là.

Des fois le dessert sera servi avant la charcuterie.

Ce ne sera pas l'anarchie (qui est harmonie), ce sera le désordre sans aller jusqu'au cahos. Bonne occasion de faire la différence.

Il soufflera le chaud et le froid.

Il sera actif et paresseux.

On le pensera en jachère il fournira soudain une gerbe de grains. Le voilà le maître mot de l'été "soudain" ,

Et pour en apporter la preuve, voici les premières lignes du prochain feuilleton qui est loin d'être écrit, mais dont le titre est trouvé ( je ne commence rien sans avoir le titre)

Massacre

Dans le chaos des jours qui s’enchaînaient avec une lassitude infernale, il y avait peu d'embellies. Peut-être cette heure paisible en fin d'après-midi apportait un peu de réconfort au cœur de Balthazar. Alors Plouendec Karantec poussait la porte de la rédaction. Il s'asseyait devant le bureau de Balthazar sans un mot. Juste le grincement de la chaise en bois sur le carrelage froid. Alors Balthazar repoussait sa machine à écrire. Juste la plainte des patins en caoutchouc sur le bois vernis. Il n'achevait pas son article ce soir là. Le compte-rendu de la noce d'or de Germaine Grosfessier et de Marcel Poutraille pouvait attendre. Le journaliste était las de ces histoires. Toujours les mêmes. Marcel avait séduit Germaine au bal des pompiers sur la musique de Verchuren, puis il était parti en Algérie la semaine suivante. Il en était revenu un peu plus silencieux. Qu'avait-il fait là-bas ? Il n'en parlais jamais. Il avait marié la Germaine. Et des enfants étaient nés. Et d'autres bébés encore. Il avait été décoré de la médaille commémorative et avait payé l'apéro aux copains. Un peu fier mais pas trop... comme si des fantômes aux visages tordus de douleur par la "gégéne" étaient apparus soudain dans le fond de son verre de Pastis. Les musulmans qui ne boivent pas d'alcool ont de ces cruelles fantaisies.

Et voilà cinquante ans qu'il était marié avec « cette grosse vache » comme il disait. Il n'avait pas tout à fait tort, Germaine avait des allures de bovins, elle était « chularde » comme on dit à Parthenay, c'est à dire forte de hanche et grasse du postérieur.

Pour faire plaisir à pépé et mémé, les petits avaient demandé au journaliste de venir faire une photo et « un beau papier » pour ces noces d'or. Bien sûr c'était un dimanche à 13 h dans un restaurant minable au fond d'un camping rural qui sentait les latrines et la tristesse infinie des parties de pêche au poisson chat . Les filles avaient mis des robes orange laides avec d'atroces zébrures vertes, des robes taillées dans des rideaux certainement, elle avaient enfilé – par quel miracle - des souliers à talons hauts qui pliaient sous leur poids de viande . Les garçons buvaient vulgairement et sentaient fort le lisier et l'after shave au muguet : c'était à vomir. Un terrible ennui tartiné par là-dessus et vous y êtes.

Sans rime ni raison

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Published by Balthazar Forcalquier - dans En vrac
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