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17 février 2014 1 17 /02 /février /2014 06:27
Chroniques noires à Thouars (8)

En attendant la sortie, en fin mars prochain, des "Chroniques Noires à Thouars" aux Editions Geste, livre qui regroupera cinq affaires anarchos-policières voici une galerie de personnages, croisés au fil de ces récits. Personnages humbles ou arrogants.

Aujourd'hui Mouloud

Il est frisé, pas franchement le type scandinave. Il en bave ! Et en plus le voilà délégué syndical. Il assume, comme tout ce qu'il fait, c'est-à-dire pas à moitié.

Ni feignant, ni fourbe, arabe pourtant... Allez faire comprendre cette évidence aux bourgeois qui imaginent aujourd'hui encore que nous sommes allés porter la civilisation aux Algériens lesquels n'ont aucune gratitude. Pourtant les mathématiques, la musique, l'astronomie ne viennent pas du fond du Berry mais justement de là-bas où l'on porte des babouches !

Voilà que je m'énerve alors que Mouloud est la douceur même. Mouloud en prend plein la gueule et c'est lui qui vous console.

Voici son portrait dans "Mouloud est dans des beaux draps", on appréciera au passage le fumet littéraire du texte :

"Il faut ici pour nécessité du récit (comme l’écrirait Balzac) revenir en arrière. Mouloud était un homme d’action, donc un poète à sa façon (comme l’écrirait Blaise Cendrars). Il logeait dans une minuscule masure moussue, piquée dans l’épaulement moelleux d’un chemin herbeux qui, par lassitude, s’arrêtait là (comme l’écrirait Julien Gracq). Cet homme, que d’autres auraient jugé frustre, cachait sous son étoffe rude, une âme délicate, forgée à l’âpre condition qu’imposent les cruautés d’une existence brutale ; néanmoins quelques rares amis l’avait vu pleurer, mais – comme justement ils étaient proches – ils n’en dirent jamais un mot, à personne ; exprimant ainsi, sublimement, leur attachement à l’être et leur respect à cette sensibilité, malgré tout délicate (comme l’écrirait Marcel Proust).

« C’est aussi un bel enculé de la CGT !!! » hurlait son patron".

Mouloud est aussi né des belles et lointaines amours d'un anarchiste espagnol et d'une femme de ménage

" Son grand-père, Luis, était Républicain Espagnol et sa grand-mère Berbère. Ils se sont connus en 1939 dans un camp de regroupement dans le sud de la France. Lui était d’un côté des barbelés, elle de l’autre. Un barbelé ce n’est pas bien épais, en tout cas ça n’a jamais arrêté l’amour. Luis est mort à Mauthausen. Mouloud vient de là. "

Petit-fils d'anar, forcèment un pote de Balthazar.

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Published by Balthazar Forcalquier - dans chroniques noires
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