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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 12:46
Chroniques noires à Thouars (12)

En attendant la sortie, en fin mars prochain, des "Chroniques Noires à Thouars" aux Editions Geste, livre qui regroupera cinq affaires anarchos-policières voici une galerie de personnages, croisés au fil de ces récits. Personnages humbles ou arrogants.

Aujourd'hui : Marcel Marcel

Ah je l'aime celui-là. De l'anar pur jus. Vigneron à Oiron. Il fait du vin comme M.Jourdain fait de la prose, naturellement, sans se prendre le chou, avec un bonheur enfantin. Il n'aime pas les gendarmes, mais sera le parrain du fils d'un galonné. Il n'aime pas les curés, mais trinque avec le sien. En vrai il est comme Brassens : "anti-rien" ce qui est bien plus subversif que les "anti-tout". La convoitise, celle des autres bien sûr, va le broyer, mais on saura combien il fut généreux, courageux, beau, aimant, doux, et fou de liberté.

Marcel est l'un de ces hommes qu'on peut rencontrer par chance et que l'on aime par nature.

extraits ( dans le secret de Marcel et Marcelle Marcel)

"Les vins blancs de Marcel avaient des arômes d’acacia et des fraîcheurs de menthe ; ses rouges avaient le goût salin des encres faites pour les romans de Balzac, et les récits de Cendrars. Quand on avait le nez dedans on voyageait dans les âmes, et l'on arpentait des méridiens. Ces cuvées, émouvantes à faire pleurer, n’avaient jamais atteint de tarifs exorbitants, de ceux auxquels elles auraient pu prétendre, sans honte.

On croisait dans sa cave toute une humanité bigarrée, des blancs, des noirs, des jaunes, du bleu de travail et de la cravate de banquier. Tous fraternels et un peu cabossés, n’ayant que peu d’estime pour leur patron. Des étrangers lointains venaient aussi. Un japonais par exemple qu’on vit de plus en plus hilare au fur et à mesure des dégustations. Il n’arrivait pas à dire « cabernet » et s’obstinait à dire « coubarnaïe » ce qui nous fit tous bien marrer. Et plus on rigolait, plus on buvait. On croisa aussi un Papou. Il était venu pour la foire expo de Thouars consacrée, cette année là, à la Nouvelle Guinée. Il dansait en plumes, mais il était venu chez Marcel en costard ! Il avait un os en guise de boucle d'oreille, ce qui plu beaucoup à Kevin le fils du voisin, un punk rural.

Dans cette cave on trinquait avec des Irlandais, d’anciens anarchistes espagnols bien sûr, des Hongrois aux noms imprononçables, des Allemands aux yeux tristes et brûlants... bref des gens de toute nature. (...)

C’était une belle planète que la cave de Marcel. Balthazar était un fidèle du chai, Karantec aussi, et aussi Sobiesława une polonaise fluette à grande gueule qui connaissait les 2.341 manières d’accommoder les betteraves..."

Marcel a fait la guerre d'Espagne, depuis il se méfie des "cocos".

Marcel a fait la guerre d'Espagne, depuis il se méfie des "cocos".

Ce qu'on va faire à Marcel, c'est... c'est... c'est dégueulasse, y a pas d'autres mot !

Ce qu'on va faire à Marcel, c'est... c'est... c'est dégueulasse, y a pas d'autres mot !

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Published by Balthazar Forcalquier - dans chroniques noires
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